LAFEMME DE MON VOISIN; Ce film est juste magnifique; une belle leçon de vie; La suite Personnen'aurait crue, que 15 années plus tard on soit encore là. A se parler, a passer des très bons moments malgrès les coups de gueules. Même si en se moment c'est assez compliquée.. Sache que jamais personne ne pourra ou ne sera capable, ni à la hauteur de prendre ta place ! Toi et moi malgrès les coups bas, on est rester toujours Quest-ce que la review ? Informations légales Crédits et remerciements Nous Contacter. Connexion Accueil; Fanfictions; Films; Heidi; Juste la montagne, toi, et moi. Chapitre 5 : Espoir ou désespoir. Juste la montagne, toi, et moi. Nochette. Continuation / Amitié. Aucune review. Nombre de commentaires: 4. Nombre de lectures: 9.1 K. Nombre de téléchargements: 4.5 K. Cest rare aujourd'hui qu'on trouve un vrai conseil ventes digne de ce nom. J'aime tous les bas de votre boutique, peut être une petite préférence pour les bas RHT, mais c'est juste personnel. Je suis conquise comme cliente, et comme artiste, je suis ravie de Parolesde chanson Pauline Maserati Avec Fally Ipupa - C'est Juste Toi Et Moi. je te garde une place dans mon coeur côté soleil je te lance des mots comme une bouteille à la mer je chante vers le ciel pourqu'ils te disent que je t'aime je chantes souvent pour ne pas oublier. Entends-tu les chants les parfums des rivières je sais que Dieu est grand mais trop petite son mes ailes je vis HerraQu. Paroles de la chanson Juste toi et moi par Gloire Grace Tu m'as donné l'envie d'aller loin Là où je ne pensais jamais remonter la pente Tu m'as fait tellement de bien Et pour toi je suis prêt à changer mon comportement Je ne laisserai pas les erreurs du passé décider de mon futur Je dois avancer yeah Rien ne m'empêchera d'y arriver Pour toi je donnerai tout ouuuhh Non ne me laisse pas … C'est juste toi et moi eh eh Juste toi et moi A tes cotés je ne crains aucun mal non non non Fini les pleurs, tu as essuyé mes larmes C'est juste toi et moi eh eh Juste toi et moi Je te suis tu me guides On s'en va, je le crois Toi et moi on ira loin Même si ça prend du temps Je sais que tu m'entends Je sais que tu m'entends Même si ça prend du temps Je te fais confiance C'est dans tes bras que je me sens libre Dans tes parvis je veux vivre A tes cotés pour la vie Pour toi je me battrais jusqu'au bout ouuhh Ne me laisse pas … Ne me laisse pas aaah C'est juste toi et moi eh eh Juste toi et moi A tes cotés je ne crains aucun mal Fini les pleurs, tu as essuyé mes larmes C'est juste toi et moi eh eh Juste toi et moi Je te suis tu me guides On s'en va, je le crois Toi et moi on ira loin C'est juste toi et moi Juste toi et moi A tes cotés je ne crains aucun mal Finir les pleurs, tu as essuyés mes larmes C'est juste toi et moi Juste toi et moi Je te suis tu me guides On s'en va, je le crois Toi et moi on ira loin français arabe allemand anglais espagnol français hébreu italien japonais néerlandais polonais portugais roumain russe suédois turc ukrainien chinois anglais Synonymes arabe allemand anglais espagnol français hébreu italien japonais néerlandais polonais portugais roumain russe suédois turc ukrainien chinois ukrainien Ces exemples peuvent contenir des mots vulgaires liés à votre recherche Ces exemples peuvent contenir des mots familiers liés à votre recherche Traduction - dopée à l'IA Zut ! Nous n'avons pas pu récupérer les informations. Nous travaillons pour résoudre ce problème au plus vite. Traduction de voix et de textes plus longs c'est juste toi moi et l'horloge Jusqu'à ce que tu déterres des infos, c'est juste toi moi et l'horloge Well, until you dig up some information, it's just you, me and the clock. Maintenant, c'est juste toi et moi. C'est juste toi et moi maintenant. Aucun résultat pour cette recherche. Résultats 836180. Exacts 2. Temps écoulé 316 ms. Documents Solutions entreprise Conjugaison Synonymes Correcteur Aide & A propos de Reverso Mots fréquents 1-300, 301-600, 601-900Expressions courtes fréquentes 1-400, 401-800, 801-1200Expressions longues fréquentes 1-400, 401-800, 801-1200 français arabe allemand anglais espagnol français hébreu italien japonais néerlandais polonais portugais roumain russe suédois turc ukrainien chinois anglais Synonymes arabe allemand anglais espagnol français hébreu italien japonais néerlandais polonais portugais roumain russe suédois turc ukrainien chinois ukrainien Ces exemples peuvent contenir des mots vulgaires liés à votre recherche Ces exemples peuvent contenir des mots familiers liés à votre recherche Traduction - dopée à l'IA Zut ! Nous n'avons pas pu récupérer les informations. Nous travaillons pour résoudre ce problème au plus vite. 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ZuzoHyo 1576 Le 09-08-2022 à 23h27 Mercenaire de la Garde ... haha bon courage pour ton ignores que même en faisant exprès de ressembler à un plancton, je me fais draguer. *En a marre des gens.* Dernière modification par Eien Le 10-08-2022 à 10h21 En ligne 1577 Le 10-08-2022 à 10h31 Lieutenant de la Garde ... La preuve qu'on peut nous trouver attirant même quand on pense ne pas l'être. x Ou t'es juste tombé sur des relous de compétition. xTu ignores que je me suis vraiment bien amusée au festival interceltique, c'était vraiment très cool, j'ai vraiment envie d'y retourner l'année prochaine et sans doute rester un peu plus longtemps pour en profiter encore plus.“J'adore les huîtres on a l'impression d'embrasser la merde sur la bouche.”Punchline sponsorisée par Necro, Roi des Grenouilles et Terreur des Surimis. À votre bon cœur ! Mon coloc a décidé de se lancer dans YouTube. Il fait des critiques mangas. Si vous voulez y jeter un œil c'est par ici. Et si vous aimez, abonnez-vous, il arrêtera de me soûler ! =' Hors ligne 1578 Le 10-08-2022 à 12h59 Patrouilleur de la Garde ... Oh je te comprends j'y suis allé il y a plusieurs années et j'en garde de bons souvenirs ! J'espère que tu pourras plus en profiter l'année suivante !Tu ignores que je devrais sans doute pouvoir récupérer mon diplôme la semaine prochaine. J'attends un mail de mon école pour en savoir plus ... L'incroyable tenue par Heirin ♡ Hors ligne 1579 Le 10-08-2022 à 17h27 A vaincu une poule ... J'espère que tu auras rapidement ce mail alors même si pendant les périodes de vacances c'est compliqué niveau administration encore plus qu'en général 'Tu ignores que je viens de faire ma valise mais j'ai l'impression qu'elle est incomplète... Hors ligne 1580 Le 10-08-2022 à 17h50 A vaincu le Boobrie ... Même conseil que pour Synder, fait une liste ! Il y en a des toutes prêtes en ligne d'ailleurs o/Tu ignores que j'attends que mes vêtements sèchent pour faire la mienne Hors ligne 1581 Le 10-08-2022 à 18h49 Apprentie Alchimiste ... Ca devrait sécher assez vite avec cette chaleur !Tu ignores que j'ai été promue récemment dans mon hôtel. Je ne suis plus qu'une petite réceptionniste. Je deviens 1ère de réception aka bras droit de la cheffe. Hors ligne 1582 Le 10-08-2022 à 21h02 Acolyte des Lutins ... Ooh félicitations ! C'est pas facile comme travail. Tu ignorés qu'aujourd'hui j'ai passé 2h30 avec un conseiller de vente pour acheter mon nouvel ordi et que enfin signé les papiers! Il devrait arriver vendredi j'espère. sinon je ne pourrai aller le chercher que mardi... UID 817400064 commissions ON Hors ligne 1583 Le 10-08-2022 à 22h59 Défenseur de la Garde ... J’espère que tu l’auras vendredi alors !Tu ignores que je suis en train de jouer à Just Dance avec mes amies et on s’amuse vraiment pas mal. Mes jambes aiment moins haha Hors ligne 1584 Le 11-08-2022 à 10h39 A vaincu le Boobrie ... Ahhh j'espère que tu pètes les scores ahahTu ignores que je fini mon stage aujourd'hui, ça fait bizarre Hors ligne 1585 Le 11-08-2022 à 10h47 Wounw Acolyte des Lutins ... Oooh c'est la fin d'une ère j'imagine, ca faisait combien de temps que tu y étais ? Tu ignores que je passe ma matinée à donner des bains à mes plantes Hors ligne 1586 Le 11-08-2022 à 10h53 Lieutenant de la Garde ... Tu as bien raison ! Avec la chaleur qu'il fait ça ne peut faire que du bien !Tu ignores que j'ai dû remettre mes draps à laver car mon compagnon ne les a pas mis à sécher hier. Règle n°1 Ne pas compter sur les hommes. Dernière modification par Bundryl Le 11-08-2022 à 10h53 Hors ligne 1587 Le 11-08-2022 à 10h57 Mercenaire de la Garde ... Je dirais même plus Ne compter que sur ignores que je n'avais pas envie d'aller dormir de peur de faire un mauvais rêve. Cependant, maintenant, je regrette d'être éveillé... La journée ne commence pas super bien. En ligne 1588 Le 11-08-2022 à 11h00 Lieutenant de la Garde ... Tu ferais mieux d'aller dormir avant qu'il ne fasse trop chaud, la chaleur accentue le risque de mauvais rêves. Garde de l'eau à côté de toi et bois-en avant. o/Tu ignores que je vais faire un padel cet après-midi et cela m'enchante. Hors ligne 1589 Le 11-08-2022 à 11h02 Apprentie Alchimiste ... En effet ça à l'air d'être une activité amusanteTu ignores que mon aloe vera est en train de dépérir et je ne sais pas comment la sauver. Hors ligne 1590 Le 11-08-2022 à 11h03 Mercenaire de la Garde ... Puis-je venir ? '-'Doublée Je l'ignore ignores que l'un de mes chats me regarde avec insistance. *A peur. A l'aide, il va manger mon âme !*Bundryl, merci pour tes conseils. Dernière modification par Eien Le 11-08-2022 à 11h04 En ligne 1591 Le 11-08-2022 à 12h41 Acolyte des Licornes ... Moi je dis, battle de regards, chrono en ignores que j'aimerais étudier le khuzdul pour une de mes fanfictions, mais que l'unique livre que j'ai trouvé sur le sujet n'y est non seulement pas dédié, mais coûte plus de soixante euros. ' Hors ligne 1592 Le 11-08-2022 à 17h17 A vaincu le Boobrie ... Argh, c'est cher quand même . il n'y a pas de ressource en ligne ?Wounw 6 mois x,Tu ignores que j'ai rendu mon ordinateur à 16h et que je suis donc allée faire du shopping avant ma réunion de 17h30 x, Dernière modification par Elkö Le 11-08-2022 à 17h31 Hors ligne 1593 Le 11-08-2022 à 19h43 Patrouilleur de la Garde ... Pratique ! Une journée bien chargée Tu ignores que j'étais persuadée que j'avais 30 feuilles à ranger donc j'ai acheté un porte-vues de 40 vues histoire d'avoir de la marge. Et c'est en rangeant mes feuilles que je me suis rendue compte qu'il y en avait finalement 47 ...Je suis dégoutée il faut non seulement que je rachète un porte-vue, mais aussi que j'enlève toutes mes feuilles déjà classées et la cerise sur le gâteau j'avais déjà décorer la couverture avec des gommettes qui n'étaient pas données...J'espère qu'elles colleront encore quand j'aurais trouvé un porte-vue plus grand ...Par Elmaëyn Dernière modification par Namitsu Le 11-08-2022 à 19h43L'incroyable tenue par Heirin ♡ Hors ligne 1594 Le 11-08-2022 à 21h10 Lieutenant de la Garde ... Au pire, mets un point de colle pour les gommettes ?Pour ça qu'il faut faire la déco à la fin ! xDTu ignores que je suis plutôt contente de la tenue que j'ai faite pour le défi de l'évent d'été, donc je vais probablement la garder quelque temps.“J'adore les huîtres on a l'impression d'embrasser la merde sur la bouche.”Punchline sponsorisée par Necro, Roi des Grenouilles et Terreur des Surimis. À votre bon cœur ! Mon coloc a décidé de se lancer dans YouTube. Il fait des critiques mangas. Si vous voulez y jeter un œil c'est par ici. Et si vous aimez, abonnez-vous, il arrêtera de me soûler ! =' Hors ligne 1595 Le 11-08-2022 à 21h29 Amie de Jamon ... S'il s'agit de la tenue que tu portes, elle est effectivement très ignores que je me suis fendu l'auriculaire au travail aujourd'hui, et ça ne m'a pas fait du RIGHT. I JUST WANTED TO THE MEANING BEHIND THE SHARP KNIFE FLYING TOWARDS ME WHY NOT ME ? WHY CAN'T IT BE ME ?「 矢代 」 シルコ 「 D O N ' T C R Y . Y O U ' R E P E R F E C T . 」 ジンクス Hors ligne 1596 Le 12-08-2022 à 00h40 Mercenaire de la Garde ... Aïe ! Oui, j'imagine que ça ne doit pas être agréable. J'espère, au moins, que ça ne sera pas trop gênant et que tu guerris ignores que j'ai hâte qu'il y ait de l'orage. En ligne 1597 Le 12-08-2022 à 10h54 Lieutenant de la Garde ... Je pense que l'on souhaite tous ça actuellement mdrr. DTu ignores que ma tenue n'est pas faite pour tenir 6km durant un footing. Je ne m'attendais à rien, et je suis quand même déçue. Hors ligne 1598 Le 12-08-2022 à 12h43 Défenseur de la Garde ... Ah mince. Qu'est-ce qui pose problème exactement ?Tu ignores que je viens de supprimer un ami sur Discord parce que je n'appréciais pas la façon dont il me parlait quand j'ai osé ne pas être d'accord avec lui hier soir, pour qu'il vienne faire une remarque par rapport à ça sur un serveur ce matin qui disait "Je n'apprécie pas les gens qui disent [...]" et donc qui me visait très clairement. J'ai l'impression d'être une gamine à décider de le supprimer pour ça, mais je déteste qu'on se foute publiquement même si indirectement de moi - tout ça parce que je n'aime pas un jeu vidéo ???? C'est fou. Hors ligne 1599 Le 12-08-2022 à 12h57 Lieutenant de la Garde ... Oulàààà, cet 'ami' est l'immature de l'histoire. S'il n'est pas capable d'accepter l'avis, voire les goûts des personnes qu'il côtoie, il vaudrait mieux pour lui de ne côtoyer personne. BTu ignores que je viens de me faire un bon petit plat pas trop calorique avec les courgettes du jardin ! Dernière modification par Bundryl Le 12-08-2022 à 12h57 Hors ligne 1600 Le 12-08-2022 à 13h13 Wounw Acolyte des Lutins ... La classe !Tu ignores que ma séance de ce matin m’a tuée, j’ai envie de ne rien faire alors que ma to do list est interminable Hors ligne Accueil » Champ des Ludi » Qu'est-ce que j'ignore chez toi ? ZuzoHyo Pages 1 ... 62 63 64 65 66 J'espérais bien pleurer, mais je croyais souffrir En osant te revoir, place à jamais sacrée, Ô la plus chère tombe et la plus ignorée Où dorme un souvenir ! Que redoutiez-vous donc de cette solitude, Et pourquoi, mes amis, me preniez-vous la main, Alors qu'une si douce et si vieille habitude Me montrait ce chemin ? Les voilà, ces coteaux, ces bruyères fleuries, Et ces pas argentins sur le sable muet, Ces sentiers amoureux, remplis de causeries, Où son bras m'enlaçait. Les voilà, ces sapins à la sombre verdure, Cette gorge profonde aux nonchalants détours, Ces sauvages amis, dont l'antique murmure A bercé mes beaux jours. Les voilà, ces buissons où toute ma jeunesse, Comme un essaim d'oiseaux, chante au bruit de mes pas. Lieux charmants, beau désert où passa ma maîtresse, Ne m'attendiez-vous pas ? Ah ! laissez-les couler, elles me sont bien chères, Ces larmes que soulève un cœur encor blessé ! Ne les essuyez pas, laissez sur mes paupières Ce voile du passé ! Je ne viens point jeter un regret inutile Dans l'écho de ces bois témoins de mon bonheur. Fière est cette forêt dans sa beauté tranquille, Et fier aussi mon cœur. Que celui-là se livre à des plaintes amères, Qui s'agenouille et prie au tombeau d'un ami. Tout respire en ces lieux ; les fleurs des cimetières Ne poussent point ici. Voyez ! la lune monte à travers ces ombrages. Ton regard tremble encor, belle reine des nuits; Mais du sombre horizon déjà tu te dégages, Et tu t'épanouis. Ainsi de cette terre, humide encor de pluie, Sortent, sous tes rayons, tous les parfums du jour; Aussi calme, aussi pur, de mon âme attendrie Sort mon ancien amour. Que sont-ils devenus, les chagrins de ma vie ? Tout ce qui m'a fait vieux est bien loin maintenant; Et rien qu'en regardant cette vallée amie Je redeviens enfant. Ô puissance du temps ! ô légères années ! Vous emportez nos pleurs, nos cris et nos regrets; Mais la pitié vous prend, et sur nos fleurs fanées Vous ne marchez jamais. Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice ! Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir D'une telle blessure, et que sa cicatrice Fût si douce à sentir. Loin de moi les vains mots, les frivoles pensées, Des vulgaires douleurs linceul accoutumé, Que viennent étaler sur leurs amours passées Ceux qui n'ont point aimé ! Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur ? Quel chagrin t'a dicté cette parole amère, Cette offense au malheur ? En est-il donc moins vrai que la lumière existe, Et faut-il l'oublier du moment qu'il fait nuit ? Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste, Est-ce toi qui l'as dit ? Non, par ce pur flambeau dont la splendeur m'éclaire, Ce blasphème vanté ne vient pas de ton cœur. Un souvenir heureux est peut-être sur terre Plus vrai que le bonheur. Eh quoi ! l'infortuné qui trouve une étincelle Dans la cendre brûlante où dorment ses ennuis, Qui saisit cette flamme et qui fixe sur elle Ses regards éblouis ; Dans ce passé perdu quand son âme se noie, Sur ce miroir brisé lorsqu'il rêve en pleurant, Tu lui dis qu'il se trompe, et que sa faible joie N'est qu'un affreux tourment ! Et c'est à ta Françoise, à ton ange de gloire, Que tu pouvais donner ces mots à prononcer, Elle qui s'interrompt, pour conter son histoire, D'un éternel baiser ! Qu'est-ce donc, juste Dieu, que la pensée humaine, Et qui pourra jamais aimer la vérité, S'il n'est joie ou douleur si juste et si certaine Dont quelqu'un n'ait douté ? Comment vivez-vous donc, étranges créatures ? Vous riez, vous chantez, vous marchez à grands pas; Le ciel et sa beauté, le monde et ses souillures Ne vous dérangent pas ; Mais, lorsque par hasard le destin vous ramène Vers quelque monument d'un amour oublié, Ce caillou vous arrête, et cela vous fait peine Qu'il vous heurte le pied. Et vous criez alors que la vie est un songe ; Vous vous tordez les bras comme en vous réveillant, Et vous trouvez fâcheux qu'un si joyeux mensonge Ne dure qu'un instant. Malheureux ! cet instant où votre âme engourdie A secoué les fers qu'elle traîne ici-bas, Ce fugitif instant fut toute votre vie ; Ne le regrettez pas ! Regrettez la torpeur qui vous cloue à la terre, Vos agitations dans la fange et le sang, Vos nuits sans espérance et vos jours sans lumière C'est là qu'est le néant ! Mais que vous revient-il de vos froides doctrines ? Que demandent au ciel ces regrets inconstants Que vous allez semant sur vos propres ruines, À chaque pas du Temps ? Oui, sans doute, tout meurt; ce monde est un grand rêve, Et le peu de bonheur qui nous vient en chemin, Nous n'avons pas plus tôt ce roseau dans la main, Que le vent nous l'enlève. Oui, les premiers baisers, oui, les premiers serments Que deux êtres mortels échangèrent sur terre, Ce fut au pied d'un arbre effeuillé par les vents, Sur un roc en poussière. Ils prirent à témoin de leur joie éphémère Un ciel toujours voilé qui change à tout moment, Et des astres sans nom que leur propre lumière Dévore incessamment. Tout mourait autour d'eux, l'oiseau dans le feuillage, La fleur entre leurs mains, l'insecte sous leurs pieds, La source desséchée où vacillait l'image De leurs traits oubliés ; Et sur tous ces débris joignant leurs mains d'argile, Étourdis des éclairs d'un instant de plaisir, Ils croyaient échapper à cet Être immobile Qui regarde mourir ! - Insensés ! dit le sage ? Heureux ! dit le poète. Et quels tristes amours as-tu donc dans le cœur, Si le bruit du torrent te trouble et t'inquiète, Si le vent te fait peur ? J'ai vu sous le soleil tomber bien d'autres choses Que les feuilles des bois et l'écume des eaux, Bien d'autres s'en aller que le parfum des roses Et le chant des oiseaux. Mes yeux ont contemplé des objets plus funèbres Que Juliette morte au fond de son tombeau, Plus affreux que le toast à l'ange des ténèbres Porté par Roméo. J'ai vu ma seule amie, à jamais la plus chère, Devenue elle-même un sépulcre blanchi, Une tombe vivante où flottait la poussière De notre mort chéri, De notre pauvre amour, que, dans la nuit profonde, Nous avions sur nos cœurs si doucement bercé ! C'était plus qu'une vie, hélas ! c'était un monde Qui s'était effacé ! Oui, jeune et belle encor, plus belle, osait-on dire, Je l'ai vue, et ses yeux brillaient comme autrefois. Ses lèvres s'entrouvraient, et c'était un sourire, Et c'était une voix ; Mais non plus cette voix, non plus ce doux langage, Ces regards adorés dans les miens confondus; Mon cœur, encor plein d'elle, errait sur son visage, Et ne la trouvait plus. Et pourtant j'aurais pu marcher alors vers elle, Entourer de mes bras ce sein vide et glacé, Et j'aurais pu crier Qu'as-tu fait, infidèle, Qu'as-tu fait du passé ? Mais non il me semblait qu'une femme inconnue Avait pris par hasard cette voix et ces yeux; Et je laissai passer cette froide statue En regardant les cieux. Eh bien ! ce fut sans doute une horrible misère Que ce riant adieu d'un être inanimé. Eh bien ! qu'importe encore ? Ô nature ! ô ma mère ! En ai-je moins aimé ? La foudre maintenant peut tomber sur ma tête ; Jamais ce souvenir ne peut m'être arraché ! Comme le matelot brisé par la tempête, Je m'y tiens attaché. Je ne veux rien savoir, ni si les champs fleurissent ; Ni ce qu'il adviendra du simulacre humain, Ni si ces vastes cieux éclaireront demain Ce qu'ils ensevelissent. Je me dis seulement À cette heure, en ce lieu, Un jour, je fus aimé, j'aimais, elle était belle. J'enfouis ce trésor dans mon âme immortelle, Et je l'emporte à Dieu ! Souvenir Poèmes de Alfred de Musset Citations de Alfred de MussetUne femme est comme votre ombre courez après, elle vous fuit ; fuyez-la, elle court après vous. I Le sofa sur lequel Hassan était couché Était dans son espèce une admirable chose. Il était de peau d'ours, — mais d'un ours bien léché ; Moelleux comme une chatte, et frais comme une rose Hassan avait d'ailleurs une très noble pose, Il était nu comme Ève à son premier péché. II Quoi ! tout nu ! dira-t-on, n'avait-il pas de honte ? Nu, dès le second mot !-Que sera-ce à la fin ? Monsieur, excusez-moi, — je commence ce conte Juste quand mon héros vient de sortir du bain Je demande pour lui l'indulgence, et j'y compte. Hassan était donc nu, — mais nu comme la main, III Nu comme un plat d'argent, — nu comme un mur Nu comme le discours d'un académicien. Ma lectrice rougit, et je la scandalise. Mais comment se fait-il, madame, que l'on dise Que vous avez la jambe et la poitrine bien ? Comment le dirait-on, si l'on n'en savait rient IV Madame alléguera qu'elle monte en berline ; Qu'elle a passé les ponts quand il faisait du vent ; Que, lorsqu'on voit le pied, la jambe se devine ; Et tout le monde sait qu'elle a le pied charmant Mais moi qui ne suis pas du monde, j'imagine Qu'elle aura trop aimé quelque indiscret amant. V Et quel crime est-ce donc de se mettre à son aise, Quand on est tendrement aimée, — et qu'il fait chaud ? On est si bien tout nu, dans une large chaise ! Croyez-m'en, belle dame, et, ne vous en déplaise, Si vous m'apparteniez, vous y seriez bientôt. Vous en crieriez sans doute un peu, — mais pas bien haut, VI Dans un objet aimé qu'est-ce donc que l'on aime ? Est-ce du taffetas ou du papier gommé ? Est-ce un bracelet d'or, un peigne parfumé ? Non, — ce qu'on aime en vous, madame, c'est vous même. La parure est une arme, et le bonheur suprême, Après qu'on a vaincu, c'est d'avoir désarmé. VII Tout est nu sur la terre, hormis l'hypocrisie ; Tout est nu dans les cieux, tout est nu dans la vie, Les tombeaux, les enfants et les divinités. Tous les cœurs vraiment beaux laissent voir leurs beautés Ainsi donc le héros de cette comédie Restera nu, madame, — et vous y consentez. VIII Un silence parfait règne dans cette histoire Sur les bras du jeune homme et sur ses pieds d'ivoire La naïade aux yeux verts pleurait en le quittant. On entendait à peine au fond de la baignoire Glisser l'eau fugitive, et d'instant en instant Les robinets d'airain chanter en s'égouttant. IX Le soleil se couchait ; — on était en septembre Un triste mois chez nous, — mais un mois sans pareil Chez ces peuples dorés qu'a bénis le soleil. Hassan poussa du pied la porte de la chambre. Heureux homme !-il fumait de l'opium dans de l'ambre, Et vivant sans remords, il aimait le sommeil. X Bien qu'il ne s'élevât qu'à quelques pieds de terre, Hassan était peut-être un homme à caractère ; Il ne le montrait pas, n'en ayant pas besoin Sa petite médaille annonçait un bon coin. Il était très bien pris ; — on eût dit que sa mère L'avait fait tout petit pour le faire avec soin. XI Il était indolent, et très opiniâtre ; Bien cambré, bien lavé, le visage olivâtre, Des mains de patricien, — l'aspect fier et nerveux, La barbe et les sourcils très noirs, — un corps d'albâtre. Ce qu'il avait de beau surtout, c'étaient les yeux. Je ne vous dirai pas un mot de ses cheveux ; XII C'est une vanité qu'on rase en Tartarie. Ce pays-là pourtant n'était pas sa patrie. Il était renégat, — Français de nation, — Riche aujourd'hui, jadis chevalier d'industrie, Il avait dans la mer jeté comme un haillon Son titre, sa famille et sa religion. XIII Il était très joyeux, et pourtant très maussade. Détestable voisin, — excellent camarade, Extrêmement futile, — et pourtant très posé, Indignement naïf, — et pourtant très blasé, Horriblement sincère, — et pourtant très rusé Vous souvient-il, lecteur, de cette sérénade XIV Que don Juan, déguisé, chante sous un balcon ? -Une mélancolique et piteuse chanson, Respirant la douleur, l'amour et la tristesse. Mais l'accompagnement parle d'un autre ton. Comme il est vif, joyeux ! avec quelle prestesse Il sautille !-On dirait que la chanson caresse XV Et couvre de langueur le perfide instrument, Tandis que l'air moqueur de l'accompagnement Tourne en dérision la chanson elle-même, Et semble la railler d'aller si tristement Tout cela cependant fait un plaisir extrême. — C'est que tout en est vrai, — c'est qu'on trompe et XVI C'est qu'on pleure en riant ; — c'est qu'on est innocent Et coupable à la fois ; — c'est qu'on se croit parjure Lorsqu'on n'est qu'abusé ; c'est qu'on verse le sang Avec des mains sans tache, et que notre nature A de mal et de bien pétri sa créature Tel est le monde, hélas ! et tel était Hassan. XVII C'était un bon enfant dans la force du terme ; Très bon-et très enfant ; — mais quand il avait dit Je veux que cela soit , il était comme un terme. Il changeait de dessein comme on change d'habit ; Mais il fallait toujours que le dernier se fît. C'était un océan devenu terre ferme. XVIII Bizarrerie étrange ! avec ses goûts changeants, Il ne pouvait souffrir rien d'extraordinaire Il n'aurait pas marché sur une mouche à terre. Mais s'il l'avait trouvée à dîner dans son verre, Il aurait assommé quatre ou cinq de ses gens - Parlez après cela des bons et des méchants ! XIX Venez après cela crier d'un ton de maître Que c'est le cœur humain qu'un auteur doit connaître ! Toujours le cœur humain pour modèle et pour loi. Le cœur humain de qui ? le cœur humain de quoi ? Celui de mon voisin a sa manière d'être ; Mais morbleu ! comme lui, j'ai mon cœur humain, moi. XX Cette vie est à tous, et celle que je mène, Quand le diable y serait, est une vie humaine. Alors, me dira-t-on, c'est vous que vous peignez, Vous êtes le héros, vous vous mettez en scène -Pas du tout, — cher lecteur, — je prends à l'un le nez -À l'autre, le talon, — à l'autre, — devinez. XXI En ce cas vous créez un monstre, une chimère, Vous faites un enfant qui n'aura point de père. -Point de père, grand Dieu ! quand, comme Trissotin J'en suis chez mon libraire accouché ce matin ! D'ailleurs is pater est quem nuptiae... j'espère Que vous m'épargnerez de vous parler latin. XXII Consultez les experts, le moderne et l'antique ; On est, dit Brid'oison, toujours fils de quelqu'un . Que l'on fasse, après tout, un enfant blond, ou brun, Pulmonique ou bossu, borgne ou paralytique, C'est déjà très joli, quand on en a fait un ; Et le mien a pour lui qu'il n'est point historique. XXIII Considérez aussi que je n ai rien volé A la Bibliothèque ; — et bien que cette histoire Se passe en Orient, je n'en ai point parlé. Il est vrai que, pour moi, je n'y suis point allé. Mais c'est si grand, si loin !-Avec de la mémoire On se tire de tout -allez voir pour y croire. XXIV Si d'un coup de pinceau je vous avais bâti Quelque ville aux toits bleus, quelque blanche mosquée, Quelque tirade en vers, d'or et d'argent plaquée, Quelque description de minarets flanquée, Avec l'horizon rouge et le ciel assorti, M'auriez-vous répondu Vous en avez menti ? XXV Je vous dis tout cela, lecteur, pour qu'en échange Vous me fassiez aussi quelque concession. J'ai peur que mon héros ne vous paraisse étrange ; Car l'étrange, à vrai dire, était sa passion. Mais, madame, après tout, je ne suis pas un ange. Et qui l'est ici-bas ?-Tartuffe a bien raison. XXVI Hassan était un être impossible à décrire. C'est en vain qu'avec lui je voudrais vous lier, Son cœur est un logis qui n'a pas d'escalier. Ses intimes amis ne savaient trop qu'en dire. Parler est trop facile, et c'est trop long d'écrire Ses secrets sentiments restaient sur l'oreiller. XXVII Il n'avait ni parents, ni guenon, ni maîtresse. Rien d'ordinaire en lui, — rien qui le rattachât Au commun des martyrs, — pas un chien, pas un chat. Il faut cependant bien que je vous intéresse A mon pauvre héros. — Dire qu'il est pacha, C'est un moyen usé, c'est une maladresse. XXVIII Dire qu'il est grognon, sombre et mystérieux, Ce n'est pas vrai d'abord, et c'est encor plus vieux. Dire qu'il me plaît fort, cela n'importe guère. C'est tout simple d'ailleurs, puisque je suis son père Dire qu'il est gentil comme un cœur, c'est vulgaire. J'ai déjà dit là-haut qu'il avait de beaux yeux. XXIX Dire qu'il n'avait peur ni de Dieu ni du diable, C'est chanceux d'une part, et de l'autre immoral. Dire qu'il vous plaira, ce n'est pas vraisemblable. Ne rien dire du tout, cela vous est égal. Je me contente donc du seul terme passable Qui puisse l'excuser -c'est un original. XXX Plût à Dieu, qui peut tout, que cela pût suffire A le justifier de ce que je vais dire ! Il le faut cependant, — le vrai seul est ma loi. Au fait, s'il agit mal, on pourrait rêver pire. Ma foi, tant pis pour lui -je ne vois pas pourquoi Les sottises d'Hassan retomberaient sur moi. XXXI D'ailleurs on verra bien, si peu qu'on me connaisse, Que mon héros de moi diffère entièrement. J'ai des prétentions à la délicatesse ; Quand il m'est arrivé d'avoir une maîtresse, Je me suis comporté très pacifiquement. En honneur devant Dieu, je ne sais pas comment XXXII J'ai pu, tel que je suis, entamer cette histoire, Pleine, telle qu'elle est, d'une atrocité noire. C'est au point maintenant que je me sens tenté De l'abandonner là pour ma plus grande gloire, Et que je brûlerais mon œuvre, en vérité, Si ce n'était respect pour la postérité. XXXIII Je disais donc qu'Hassan était natif de France ; Mais je ne disais pas par quelle extravagance Il en était venu jusqu'à croire, à vingt ans, Qu'une femme ici-bas n'était qu'un passe-temps. Quand il en rencontrait une à sa convenance, S'il la cardait huit jours. c'était déjà longtemps. XXXIV On sent l'absurdité d'un semblable système, Puisqu'il est avéré que, lorsqu'on dit qu'on aime, On dit en même temps qu'on aimera toujours, — Et qu'on n'a jamais vu ni rois ni troubadours Jurer à leurs beautés de les aimer huit jours. Mais cet enfant gâté ne vivait que de crème XXXV Je sais bien, disait-il un jour qu'on en parlait, Que les trois quarts du temps ma crème a le goût d'ailette Nous avons sur ce point un siècle de vinaigre, Où c'est déjà beaucoup que de trouver du lait Mais toute servitude en amour me déplaît ; J'aimerais mieux. je crois, être le chien d'un nègre, XXXVI Ou mourir sous le fouet d'un cheval rétif, Que de craindre une jupe et d'avoir pour maîtresse Un de ces beaux geôliers, au regard attentif, Qui, d'un pas mesuré marchant sur la souplesse Du haut de leurs yeux bleus vous promènent en laisse Un bâton de noyer, au moins, c'est positif. XXXVII On connaît son affaire, — on sait à quoi s'attendre ; On se frotte le dos, — on s'y fait par degré Mais vivre ensorcelé sous un ruban doré ! boire du lait sucré dans un maillot vert tendre ! N'avoir à son cachot qu'un mur si délabré, Qu'on ne s'y saurait même accrocher pour s'a pendre XXXVIII Ajoutez à cela que, pour comble d'horreur, La femme la plus sèche et la moins malhonnête Au bout de mes huit jours trouvera dans sa tête, Ou dans quelque recoin oublié de son cœur, Un amant qui jadis lui faisait plus d'honneur, Un cœur plus expansif, une jambe mieux faite XXXIX Plus de douceur dans l'âme ou de nerf dans les bras — Je rappelle au lecteur qu'ici comme là-bas C'est mon héros qui parle, et je mourrais de honte S'il croyait un instant que ce que je raconte, Ici plus que jamais, ne me révolte pas Or donc, disait Hassan, plus la rupture est prompte, XL Plus mes petits talents gardent de leur fraîcheur C'est la satiété qui calcule et qui pense. Tant qu'un grain d'amitié reste dans la balance. Le Souvenir souffrant s'attache à l'espérance Comme un enfant malade aux lèvres de sa sœur. L'esprit n'y voit pas clair avec les yeux du cœur. XLI Le dégoût, c'est la haine — et quel motif de haine Pourrais-je soulever ?— pourquoi m'en voudrait-on ? Une femme dira qu'elle pleure — et moi donc ! Je pleure horriblement ! — je me soutiens à peine ; Que dis-je, malheureux ! il faut qu'on me soutienne. Je n'ose même pas demander mon pardon. XLII Je me prive du corps, mais je conserve l'âme. Il est vrai, dira-t-on, qu'il est plus d'une femme Près de qui l'on ne fait, avec un tel moyen, Que se priver de tout et ne conserver rien. Mais c'est un pur mensonge, un calembour infâme, Qui ne mordra jamais sur un homme de bien XLIII Voilà ce que disait Hassan pour sa défense. Bien entendu qu'alors tout se passait en France, Du temps que sur l'oreille il avait ce bonnet Qui fit à son départ une si belle danse Par dessus les moulins. Du reste, s'il tenait A son raisonnement, c'est qu'il le comprenait. XLIV Bien qu'il traitât l'amour d'après un catéchisme, Et qu'il mit tous ses soins à dorer son sophisme, Hassan avait des nerfs qu'il ne pouvait railler. Chez lui la jouissance était un paroxysme Vraiment inconcevable et fait pour effrayer Non pas qu'on l'entendit ni pleurer ni crier. — XLV Un léger tremblement, — une pâleur extrême, — Une convulsion de la gorge un blasphème, — Quelques mots sans raison balbutiés tout bas, C'est tout ce qu'on voyait sa maîtresse elle-même N'en sentait rien, sinon qu'il restait dans ses bras Sans haleine et sans force, et ne répondait pas. XLVI Mais à cette bizarre et ridicule ivresse Succédait d'ordinaire un tel enchantement Qu'il commençait d'abord par faire à sa maîtresse Mille et un madrigaux, le tout très lourdement. Il devenait tout miel, tout sucre et tout caresse. Il eût communié dans un pareil moment. XLVII. Il n'existait alors secret ni confidence Qui pût y résister. — Tout partait, tout roulait ; Tous les épanchements du monde entraient en danse, Illusions, soucis, gloire, amour, espérance ; Jamais confessionnal ne vit de chapelet Comparable en longueur à ceux qu'il défilait. XLVIII Ah ! c'est un grand malheur, quand on a le cœur tendre, Que ce lien de fer que la nature a mis Entre l'âme et le corps, ces frères ennemis ! Ce qui m'étonne, moi, c'est que Dieu l'ait permis Voilà le nœud gordien qu'il fallait qu'Alexandre Rompît de son épée, et réduisit en cendre. XLIX L'âme et le corps, hélas ! ils iront deux à deux, Tant que le monde ira, — pas à pas, — côte à côte, Comme s'en vont les vers classiques et les bœufs. L'un disant Tu fais mal ! et l'autre C'est ta faute. Ah ! misérable hôtesse, et plus misérable hôte ! Ce n'est vraiment pas vrai que tout soit pour le mieux. L Et la preuve, lecteur, la preuve irrécusable Que ce monde est mauvais, c'est que pour y rester Il a fallu s'en faire un autre, et l'inventer Un autre !-monde étrange, absurde, inhabitable, Et qui, pour valoir mieux que le seul véritable, N'a pas même un instant eu besoin d'exister LI Oui, oui, n'en doutez pas, c'est un plaisir perfide Que d'enivrer son âme avec le vin des sens ; Que de baiser au front la volupté timide, Et de laisser tomber, comme la jeune Elfride. La clef d'or de son cœur dans les eaux des torrents. Heureux celui qui met, dans de pareils moments, LII Comme ce vieux vizir qui gardait sa sultane, La lame de son sabre entre une femme et lui ! Heureux l'autel impur qui n'a pas de profane ! Heureux l'homme indolent pour qui tout est fini Quand le plaisir s'émousse, et que la courtisane N'a jamais vu pleurer après qu'il avait ri ! LIII Ah ! l'abîme est si grand ! la pente est si glissante ! Une maîtresse aimée est si près d'une sœur ! Elle vient si souvent, plaintive et caressante, Poser, en chuchotant, son cœur sur votre cœur ! L'homme est si faible alors ! la femme est si puissante ! Le chemin est si doux du plaisir au bonheur ! LIV Pauvres gens que nous tous !-Et celui qui se livre, De ce qu'il aura fait doit tôt ou tard gémir ! La coupe est là, brûlante, — et celui qui s'enivre Doit rire de pitié s'il ne veut pas frémir ! Voilà le train du monde, et ceux qui savent vivre Vous diront à cela qu'il valait mieux dormir. LV Oui, dormir-et rêver !-Ah ! que la vie est belle, Quand un rêve divin fait sur sa nudité Pleuvoir les rayons d'or de son prisme enchanté ! Frais comme la rosée, et fils du ciel comme elle ! Jeune oiseau de la nuit, qui, sans mouiller son aile, Voltige sur les mers de la réalité ! LVI Ah ! si la rêverie était toujours possible ! Et si le somnambule, en étendant la main, Ne trouvait pas toujours la nature inflexible Qui lui heurte le front contre un pilier d'airain ! Si l'on pouvait se faire une armure insensible ! Si l'on rassasiait l'amour comme la faim ! LVII Pourquoi Manon Lescaut, dès la première scène, Est-elle si vivante et si vraiment humaine, Qu'il semble qu'on l'a vue et que c'est un portrait ? Et pourquoi l'Héloïse est-elle une ombre vaine, Qu'on aime sans y croire et que nul ne connaît ? Ah ! rêveurs, ah, rêveurs, que vous avons-nous fait ? LVIII Pourquoi promenez-vous ces spectres de lumière Devant le rideau noir de nos nuits sans sommeil, Puisqu'il faut qu'ici-bas tout songe ait son réveil, Et puisque le désir se sent cloué sur terre, Comme un aigle blessé qui meurt dans la poussière, L'aile ouverte, et les yeux fixés sur le soleil ? LIX Manon ! sphinx étonnants véritable sirène, Cœur trois fois féminin, Cléopâtre en paniers ! Quoi qu'on dise ou qu'on fasse, et bien qu'à Sainte Hélène On ait trouvé ton livre écrit pour des portiers, Tu n'en es pas moins vraie, infâme, et Cléomène N'est pas digne, à mon sens, de te baiser les pieds LX Tu m'amuses autant que Tiberge m'ennuie , Comme je crois en toi ! que je t'aime et te hais ! Quelle perversité ! quelle ardeur inouïe Pour l'or et le plaisir ! Comme toute la vie Est dans tes moindres mots ! Ah ! folle que tu es. Comme je t'aimerais demain, si tu vivais ! LXI En vérité, lecteur, je crois que je radote. Si tout ce que je dis vient à propos de botte, Comment goûteras-tu ce que je dis de bon ? J'ai fait un hiatus indigne de pardon ; Je compte là-dessus rédiger une note. J'en suis donc à te dire... où diable en suis-je donc ? LXII M'y voilà. — Je disais qu'Hassan, près d'une femme, Était très expansif, — il voulait tout ou rien. Je confesse, pour moi, que je ne sais pas bien Comment on peut donner le corps sans donner l'âme, L'un étant la fumée, et l'autre étant la flamme. Je ne sais pas non plus s'il était bon chrétien ; LXIII Je ne sais même pas quelle était sa croyance, Ni quel secret si tendre il avait confié, Ni de quelle façon, quand il était en France, Ses maîtresses d'un jour l'avaient mystifié, Ni ce qu'il en pensait, — ni quelle extravagance L'avait fait blasphémer l'amour et l'amitié, LXIV Mais enfin, certain soir qu'il ne savait que faire, Se trouvant mal en train vis-à-vis de son verre, Pour tuer un quart d'heure il prit monsieur Galland. Dieu voulut qu'il y vît comme quoi le sultan Envoyait tous les jours une sultane en terre, Et ce fut là-dessus qu'il se fit musulman . LXV Tous les premiers du mois, un juif aux mains crochues Amenait chez Hassan deux jeunes filles nues, Tous les derniers du mois on leur donnait un bain, Un déjeuner, un voile, un sequin dans la main, Et puis on les priait d'aller courir les rues. Système assurément qui n'a rien d'inhumain LXVI C'était ainsi qu'Hassan, quatre fois par semaine, Abandonnait son âme au doux plaisir d'aimer. Ne sachant pas le turc, il se livrait sans peine À son aise en français il pouvait se pâmer. Le lendemain, bonsoir. — Une vieille Égyptienne Venait ouvrir la porte au maître, et la fermer. LXVII Ceci pourra sembler fort extraordinaire, Et j'en sais qui riront d'un système pareil. Mais il parait qu'Hassan se croyait, au contraire, L'homme le plus heureux qui fût sous le soleil. Ainsi donc, pour l'instant, lecteur, laissons-le faire. Le voilà, tel qu'il est, attendant le sommeil. LXVIII Le sommeil ne vint pas, — mais cette douce ivresse Qui semble être sa sœur, ou plutôt sa maîtresse ; Qui, sans fermer les yeux, ouvre l'âme à l'oubli ; Cette ivresse du cœur, si douce à la paresse Que, lorsqu'elle vous quitte, on croit qu'on a dormi ; Pâle comme Morphée, et plus belle que lui. LXIX C'est le sommeil de l'âme On se remue, on bâille, et cependant on dort. On se sent très bien vivre, et pourtant on est mort On ne parlerait pas d'amour, mais je présume Que l'on serait capable, avec un peu d'effort... Je crois qu'une sottise est au bout de ma plume. LXX Avez-vous jamais vu, dans le creux d'un ravin, Un bon gros vieux faisan, qui se frotte le ventre, S'arrondir au soleil, et ronfler comme un chantre ? Tous les points de sa boule aspirent vers le centre. On dirait qu'il rumine, ou qu'il cuve du vin, Enfin, quoi qu'il en soit, c'est un état divin. LXXI Lecteur, si tu t'en vas jamais en Terre sainte, Regarde sous tes pieds tu verras des heureux. Ce sont de vieux fumeurs qui dorment dans l'enceinte Où s'élevait jadis la cité des Hébreux. Ces gens-là savent seuls vivre et mourir sans plainte Ce sont des mendiants qu'on prendrait pour des dieux. LXXII Ils parlent rarement, — ils sont assis par terre, Nus, ou déguenillés, le front sur une pierre, N'ayant ni sou ni poche, et ne pensant à rien. Ne les réveille pas ils t'appelleraient chien. Ne les écrase pas ils te laisseraient faire. Ne les méprise pas car ils te valent bien. LXXIII C'est le point capital du mahométanisme De mettre le bonheur dans la stupidité. Que n'en est-il ainsi dans le christianisme ! J'en citerais plus d'un qui l'aurait mérité, Et qui mourrait heureux sans s'en être douté ! Diable ! j'ai du malheur, — encore un barbarisme. LXXIV On dit mahométisme, et j'en suis bien fâché . Il fallait me lever pour prendre un dictionnaire, Et j'avais fait mon vers avant d'avoir cherché. Je me suis retourné, — ma plume était par terre. J'avais marché dessus, — j'ai souillé, de colère Ma bougie et ma verve, et je me suis couché. LXXV Tu vois, ami lecteur, jusqu'où va ma franchise Mon héros est tout nu, moi je suis en chemise. Je pousse la candeur jusqu'à t'entretenir D'un chagrin domestique. — Où voulais-je en venir ? Je suis comme Enéas portant son père Anchise. LXXXVI Énéas s'essoufflait, et marchait à grands pas. Sa femme à chaque instant demeurait en arrière Créüse, disait-il, pourquoi ne viens-tu pas ? Créüse répondait Je mets ma jarretière. -Mets-la donc, et suis-nous, répondait Énéas. Je vais, si tu ne viens, laisser tomber mon père. LXXVII Lecteur, nous allons voir si tu comprends ceci Anchise est mon poème ; et ma femme Créüse Qui va toujours trainant en chemin. c'est ma muse Elle s'en va là-bas quand je la crois ici. Une pierre l'arrête, un papillon l'amuse. Quand arriverons-nous si nous marchons ainsi ? LXXVIII Enéas, d'une part, a besoin de sa femme. Sans elle, à dire vrai, ce n'est qu'un corps sans âme. Anchise, d'autre part, est horriblement lourd. Le troisième péril, c'est que Troie est en flamme. Mais, dès qu'Anchise grogne ou que sa femme court. Créas est forcé de s'arrêter tout - Chant premier Poèmes de Alfred de Musset Citations de Alfred de Musset

c est juste toi et moi ici ou la bas