Lessept jours frappent Ă  la porte. Chacun d’eux vous dit : lĂšve-toi ! Soufflant le chaud, soufflant le froid, Soufflant des temps de toutes sortes, Quatre saisons et leur escorte Se partagent les douze mois. Au bout de l’an, le vieux portier Ouvre toute grande la porte Et d’une voix beaucoup plus forte Crie Ă  tous vents : Premier PoesieVictor Hugo le premier jour de l'an Format imprimable Les sept jours frappent Ă  la porte. Chacun d'eux vous dit: LĂšve-toi! Soufflant le chaud, soufflant le froid, Soufflant des PoemePoeme Du Premier Jour De L'an, Accueil; Les poesies; Publication du 02/01/2015; Texte Poeme Du Premier Jour De L'an, Poeme : PoĂšme Du Premier Source Article VĂ©ronique Sanson de WikipĂ©dia en français . Pour les articles homonymes, voir Sanson. VĂ©ronique Sanson. VĂ©ronique Sanson en concert Ă  la Seine musicale de Boulogne-Billancourt le 13 avril 2018. Informations gĂ©nĂ©rales; Nom de naissance VĂ©ronique Marie Line Sanson : Naissance 24 avril 1949 (73 ans) PoĂšme Jour de l'an 2018, Nathalie DAUMER. PoĂ©sie Française est Ă  la fois une anthologie de la poĂ©sie classique, du moyen-Ăąge au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle, et Ă©galement un espace de visibilitĂ© pour l'internaute, amateur Ă©clairĂ© ou professionnel qui dĂ©sire y publier ses oeuvres Ă  titre gratuit. LEgjVJP. Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume, Sous le pied du chasseur, refusant de ployer ! Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume, Au fond du vieux chĂąteau s’éveille le foyer ; C’est le temps de la ville. – Oh ! lorsque l’an dernier, J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dĂŽme, Paris et sa fumĂ©e, et tout ce beau royaume J’entends encore au vent les postillons crier, Que j’aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine Sous ses mille falots assise en souveraine ! J’allais revoir l’hiver. – Et toi, ma vie, et toi ! Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon Ăąme Je saluais tes murs. – Car, qui m’eĂ»t dit, madame, Que votre coeur sitĂŽt avait changĂ© pour moi ? 40 citations pour le nouvel an Page 1 sur 2 pages. <12345 Bonne AnnĂ©e ! Dicocitations vous souhaite un bon rĂ©veillon ! TrĂšs bonne Saint-Sylvestre ! Puisse l'annĂ©e naissante, le Jour de l'an pour cette nouvelle annĂ©e vous apporter santĂ©, bonheur et prospĂ©ritĂ© ! Le nouvel an 🗓 est une fĂȘte d'origine paĂŻenne qui vit le jour vers 46 avant notre Ăšre, sous l'impulsion de Jules CĂ©sar qui dĂ©cida que le 1er janvier serait le Jour de l'An. Les Romains dĂ©diaient ce jour Ă  Janus, dieu paĂŻen des portes et des commencements. Le mois de janvier doit son nom Ă  Janus, qui avait deux visages l'un vers l'avant, l'autre vers l'arriĂšre. Citations pour la fin d'annĂ©e 2022Le jour de l'An ou Nouvel An est le premier jour d'une annĂ©e. Par extension, le terme dĂ©signe aussi les cĂ©lĂ©brations de ce premier jour de l'annĂ©e. est le premier jour d'une annĂ©e. Par extension, le terme dĂ©signe aussi les cĂ©lĂ©brations de ce premier jour de l'annĂ©e. Si on le cĂ©lĂšbre le 31 dĂ©cembre en France La Saint-Sylvestre Mise Ă  jour le dimanche 28 aoĂ»t 2022 Ă  17h06 Citation nouvelle annĂ©e La nouvelle annĂ©e, sonne l'avĂšnement de la joie 🎆! Il est d'usage de se souhaiter une bonne annĂ©e. Bonne annĂ©e et meilleurs voeux pour l'annĂ©e 2022 Citation et proverbe pour la nouvelle annĂ©e Demain du ventre du temps surgira une annĂ©e nouvelle.[ Portrait de l'amour. ] - Njabulo S. Ndebele , poĂšte de l'Afrique du qu'est-ce que c'est qu'un siĂšcle ? une minute dans la nuit.[ Agonies ] - Gustave FlaubertIl vaut mieux dater d'un siĂšcle que d'une CapusDonnez-vous des rendez-vous partout,- Dans les champs, dans les choux,- Faites-vous des baisers tout de suite,- Des serments sur le grand Le temps passe Ă  toute vitesse,- Roulez jeunesse. [ Roulez, roulez jeunesse ] - Louis ChedidUne annĂ©e qui finit, c'est une pierre jetĂ©e au fond de la citerne des Ăąges et qui tombe avec des rĂ©sonances d'adieu.[ Aphorismes du temps prĂ©sent ] - Firmin Van den BoschQu'est-ce-qu'une annĂ©e sinon le volume infini d'une pincĂ©e de secondes ? [ Journal amoureux ] - Dominique RolinLes huĂźtres sont des mollusques qui passent les fĂȘtes de fin d'annĂ©e dans des huttes appelĂ©es PiepluRien ne passe comme les annĂ©es, rien ne dure comme les minutes ![ PitiĂ© pour les ombres, La montre ] - GĂ©rald Bertot, dit Thomas OwenLes annĂ©es nous viennent sans bruit. [ Les Fastes, VI, 771 ] - Ovide Il y a des jours, des mois, des annĂ©es interminables oĂč il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde.[ Voyez comme on danse ]Jean d'OrmessonLa neige possĂšde ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naĂŻve que les annĂ©es lui ont impitoyablement arrachĂ©e.[ Pointe-aux-Coques ] - Antonine Maillet Les annĂ©es apprennent peu Ă  peu, Ă  tout homme, que la vĂ©ritĂ© seule est merveilleuse.[ La Vie des termites 1926 ] - Maurice MaeterlinckOn ne devient pas vieux pour avoir vĂ©cu un certain nombre d'annĂ©es ; on devient vieux parce qu'on a dĂ©sertĂ© son idĂ©al. Les annĂ©es rident la peau renoncer Ă  son idĂ©al ride l' MacArthurIl n'est aucune chose qui aille plus vite que les de VinciNous arrivons tout nouveaux aux divers Ăąges de la vie, et nous y manquons souvent d'expĂ©rience malgrĂ© le nombre des annĂ©es. [ RĂ©flexions ou Sentences et Maximes morales 1664, 405 ] - François de La RochefoucauldIl ne faut pas chercher Ă  rajouter des annĂ©es Ă  sa vie-mais plutĂŽt essayer de rajouter de la vie Ă  ses KennedyLe premier janvier est le seul jour de l'annĂ©e oĂč les femmes oublient notre passĂ© grĂące Ă  notre GuitryNous ne vieillissons pas d'une annĂ©e sur l'autre, nous nous renouvelons chaque jour. Emily DickinsonL'an dernier j'Ă©tais encore un peu prĂ©tentieux, cette annĂ©e je suis parfait. FrĂ©dĂ©ric DardCourent les annĂ©es, le temps de l'Ăąme est immuable. [ La CroisiĂšre ] - EugĂšne CloutierLe jour de l'An ou Nouvel An les dates du nouvel an varient en fonction des rĂ©gions du monde, des cultures et des religions Le nouvel an chinois dure 15 jours ! Il commence entre le 21 janvier et le 19 fĂ©vrier. Le nouvel an corĂ©en - Seollal - entre le entre le 21 janvier et le 20 fĂ©vrier. Le nouvel an vietnamien le TĂȘt - Comme la Chine il commence entre le 21 janvier et le 19 fĂ©vrier. Le nouvel an hĂ©breu la Roch Hachana - En septembre ou octobre la date est variable. Le nouvel an perse Newroz ou encore Norouz », - Le premier jour du printemps donc vers le 20 mars. Le Le nouvel an mongol le Tsagaan Sar - entre le 24 janvier et le 28 fĂ©vrier. Le nouvel an bouddhique Songkran - Le 15 avril Le Nouvel an orthodoxe - La nuit du 13 au 14 janvier. Le Nouvel An musulman Premier jour de l’HĂ©gire, fondement de la communautĂ© musulmane le dĂ©part de Mahomet de la Mecque vers MĂ©dine - Le 11 septembre Le nouvel an tibĂ©tain le Losar - Les dates sont celles du Nouvel an chinois Le nouvel an berbĂšre Yennayer - Entre le 12 et 14 janvier Page 1 sur 2 pages. <12345Souhait pour la bonne annĂ©e Recevez, Monsieur, Ă  l'occasion du nouvel an, l'expression des vƓux sincĂšres que je fais pour votre bonheur et celui de votre famille; mes sentiments vous sont trop connus pour que j'ai besoin d'insister sur leur sincĂ©ritĂ©. Croyez donc Ă  tout le plaisir que j'aurais Ă  me trouver frĂ©quemment en mesure de vous en donner des preuves. Les plus belles citations pour souhaiter un bon rĂ©veillon de la Saint-Sylvestre ou pour vos cartes de voeuxEn Occident, il est de coutume de fĂȘter le nouvel an par un banquet la veille, c'est Ă  dire le 31 dĂ©cembre, c'est le rĂ©veillon de la Saint-Sylvestre. Ce repas comprend gĂ©nĂ©ralement du foie gras et du champagne. AprĂšs celui-ci, les fĂȘtes mĂȘlent danses et lancers de cotillons, boules et rubans de papiers
 À minuit, chacun s'embrasse sous le gui, en se souhaitant les meilleurs vƓux possibles, et en s'engageant dans d'Ă©ventuelles bonnes intentions. Puis, on offre les Ă©trennes, cadeaux de nouvelle annĂ©e. Vous pouvez nous proposer une citation nouvelle annĂ©e ainsi qu'une citation bonne annĂ©e. Voir Ă©galement les Citations du nouvel an Citations de NoĂ«l PoĂšme bonne annĂ©e Sms voeux de bonne annĂ©e Citations NoĂ«l Citations naissance Citations fĂȘte des mĂšres PoĂšme fĂȘte des mĂšres PoĂšme pour la nouvelle annĂ©e Carte virtuelle gratuite PoĂšme fĂȘte des pĂšres PoĂšme fĂȘte des papas Citation fĂȘte des pĂšres Citations proverbes et poĂšmes pour la fĂȘte des mĂšres Citation Saint Valentin Le jour de l'an par Lastours Il arrive plein de promesses Empli d’espoir et de caresses En songeant dĂ©jĂ  au printemps Le jour de l’An Il ouvrira tout plein de portes Tant de bonheurs de toutes sortes Et d’évĂšnements Ă©mouvants Le Jour de l’An Le Jour de l’An On va commencer une autre vie Nous dĂ©livrer de bien des soucis En lui disant bonjour le traitant en ami On rĂȘve d’autres lendemains Quand on ira main dans la main Le cƓur joyeux le cƓur content Au Jour de l’An Avec ses grands feux d’artifice Nous voilĂ  dĂ©jĂ  ses complices Dans le champagne pĂ©tillant Le Jour de l’An Nous traiterons de mille sujets Au travers d’innombrables projets DĂ©fiant les heures et le temps Au jour de l’An Au jour de l’An On se fera un bel avenir Avant que viennent les souvenirs Faits de journĂ©es de pleurs et d’instants de plaisir Il est lĂ  comme un Ă©tendard Pour beaucoup un nouveau dĂ©part Pour donner un nouvel Ă©lan Le Jour de l’An Le Jour de l’An De l’An. PoĂšme postĂ© le 31/12/19 par Lastours PoĂšte Florence TrocmĂ©, nĂ©e en 1949, est journaliste. AprĂšs avoir créé en 2004 Poezibao, elle a dĂ©veloppĂ© son action en se lançant dans deux entreprises ayant pour but de soutenir la crĂ©ation artistique dĂ©laissĂ©e par les grands mĂ©dias et touchĂ©e par le dĂ©sengagement de l'État Le Flotoir, un blog personnel, et Muzibao, un site dĂ©diĂ© Ă  la musique classique et est trĂšs certainement, pour la poĂ©sie, le lieu critique le plus complet qui ait jamais existĂ©. Peut-on avoir en quelques chiffres une idĂ©e de sa richesse ?Florence TrocmĂ© Quelques chiffres un peu emblĂ©matiques de prĂ©fĂ©rence ? Eh bien, disons, par exemple articles en un peu moins de quinze ans, soit environ deux articles par jour, prĂšs de abonnĂ©s Ă  la lettre hebdomadaire distribuĂ©e par le mail, avec une progression de 5 Ă  10 abonnĂ©s par semaine. Et abonnĂ©s au compte Twitter du site qui reçoit, de son cĂŽtĂ©, une moyenne de 700 visiteurs par jour et cela depuis les premiĂšres succĂšs de Poezibao tient en partie Ă  la façon dont les contributions sont organisĂ©es et donc consultables. DĂšs le portail, est guidĂ© par de nombreuses entrĂ©es...F. T. Poezibao s’articule selon 26 rubriques qui en constituent les diffĂ©rentes parties. C’est qu’un site Internet de ce type permet de couvrir toutes les fonctions de la presse, depuis le journal quotidien jusqu’à la revue littĂ©raire, en passant par l’hebdomadaire ou le mensuel, en combinant des aspects gĂ©nĂ©ralistes ou plus spĂ©cialisĂ©s. Poezibao inclut mĂȘme une vraie revue littĂ©raire intitulĂ©e Sur Zone, qui accueille des inĂ©dits de poĂštes reconnus, sollicitĂ©s par la rĂ©daction. Il y a une rubrique Ă  laquelle je tiens particuliĂšrement, ce sont Les notes sur la crĂ©ation », sorte d’anthologie d’écrits trĂšs divers, de toutes origines, sur la crĂ©ation, la traduction, la lecture, etc. Car je crois ĂȘtre lĂ  au cƓur de la prĂ©occupation de Poezibao pourquoi des crĂ©ateurs et quel est le rĂŽle des artistes dans un monde trĂšs axĂ© sur le profit et le divertissement ?Dans l'Ă©volution de Poezibao, il y a un fait notable relativement rĂ©cent l'arrivĂ©e de Nue, une des revues papier les plus intĂ©ressantes de ces derniĂšres dĂ©cennies. F. T. Oui. Le site hĂ©berge depuis quatre livraisons la revue Nue. Cela s’est fait sur proposition de BĂ©atrice Bonhomme et il y a une vraie similitude de vue dans nos approches, sans doute dans le sens d’une ouverture aussi large que possible sur l’ensemble du champ poĂ©tique contemporain tellement divers et riche. Il me semble important que le site ne soit pas statique, qu’il soit capable de dĂ©celer de nouveaux territoires Ă  explorer, voire mĂȘme qu’il expĂ©rimente de nouvelles maniĂšres de faire connaĂźtre la poĂ©sie contemporaine, française et prĂ©sidence de la Commission PoĂ©sie du CNL, ton activitĂ© au sein de Poezibao te permettent d'avoir une vue trĂšs fine de la poĂ©sie. Quelle est aujourd'hui sa principale caractĂ©ristique ?F. T. Peut-ĂȘtre que le plus frappant est une sorte de porositĂ© du champ poĂ©tique. Il est non seulement de plus en plus divers, mais il s’enrichit constamment d’apports de nouvelles disciplines. Il est traversĂ© par un intense esprit de recherche, quelle que soit la ligne dĂ©veloppĂ©e par les uns ou par les autres. Des plus lyriques aux plus expĂ©rimentaux, il semble que tous s’interrogent sur leurs pratiques et acceptent de les laisser inspirer par les pratiques non seulement des autres poĂštes mais aussi des autres disciplines et pas seulement artistiques. On peut penser Ă  la philosophie, aux sciences humaines et sociales mais aussi aux mathĂ©matiques, Ă  la physique. Sans oublier bien sĂ»r les arts de la constat est-il uniquement valable pour la poĂ©sie ?F. T. Je pense qu’il en va de mĂȘme dans les autres domaines artistiques, en tous cas ceux qu’explorent ces autres sites liĂ©s Ă  Poezibao, que sont Muzibao, axĂ© sur la musique classique et contemporaine ou Le Flotoir qui est un grand journal de lecture, d’écoute et de travail. Les maĂźtres-mots sont sans doute ici la curiositĂ©, la volontĂ© d’explorer des territoires en marge du mainstream », de favoriser en quelque sorte la biodiversitĂ© artistique et de faire partager les dĂ©couvertes en cours !Quels sont les sites que tu consultes volontiers ?F. T. Poezibao s’enrichit de l’expĂ©rience des autres sites, de leurs connaissances, de l’exploration qu’ils font d’autres domaines que le sien. Je pense ici particuliĂšrement Ă  Sitaudis, Ă  Diacritik, Ă  au site de François Bon, Tiers-Livre, Ă  Catastrophes, Ă  En attendant Nadeau et aussi Ă  certains sites d’éditeurs transformĂ©s en vrais centres de ressources comme celui de Dujin est nĂ©e en 1981. Politiste de formation, aprĂšs avoir travaillĂ© comme chercheuse au CRÉDOC, elle s'est tournĂ©e vers les revues et les journaux. Si elle intervient dans diffĂ©rents lieux Le Monde des idĂ©es, France Inter..., elle entretient un lien privilĂ©giĂ© avec Esprit oĂč elle a notamment introduit le dossier sur L'imaginaire des inĂ©galitĂ©s ». Elle sort un premier recueil de poĂšmes aux Ă©ditions L'herbe qui tremble, L'ombre des des heures ne se contente pas de cristalliser un certains nombres d'expĂ©riences. Certains de ses textes semblent ouvrir sur des perspectives mĂ»rement rĂ©flĂ©chies....Anne Dujin Tu penses peut-ĂȘtre Ă  ce poĂšme qui commence par Quels mots sont encore disponibles / pour accueillir ce que / j'ai entendu
 ». Sans ĂȘtre dans une dĂ©marche programmatique, je crois que j'ai cherchĂ© Ă  mettre des mots sur le besoin d'oĂč procĂšde en moi la poĂ©sie. Il est liĂ©e Ă  l'expĂ©rience, et au besoin d'un langage neuf pour dire cette expĂ©rience voir, entendre ou ressentir quelque chose comme singulier, et se demander comment, par les mots, le rendre singulier pour quelqu'un d'autre. Pour cela, il faut sortir des usages communs du langage, ce que dans ce poĂšme j'appelle le moule commun de la langue ». Il faut aussi se mĂ©fier des images Ă©culĂ©es, qui font si facilement basculer la poĂ©sie dans le clichĂ©. C'est ce travail du souffle patient du vers » qui est pour moi au cƓur de l'Ă©criture de l'abord on est captĂ© par ton phrasĂ©. Le tutoiement initial n'est pas sans rappeler les accords plaquĂ©s par certains pianistes. Et quand on referme ton livre, on reste un temps sous le charme de sa richesse sonore. Est-ce le fruit d'un travail conscient ?A. D. Comme lectrice de poĂ©sie, et comme lectrice tout court, je me sais sensible Ă  la justesse » de la phrase. Les mots sont-ils suffisamment ajustĂ©s Ă  l'idĂ©e ou aux Ă©motions? Sont-ils trop lourds, trop chargĂ©s, ou au contraire sont-ils en-deçà de ce qui veut se dire? Le rythme et les sonoritĂ©s se dĂ©ploient-ils dans un souffle naturel, non forcĂ©? Une fois que je tiens l'image centrale du poĂšme, et que je cherche Ă  la dĂ©plier, je me pose toutes ces questions. Et il me faut alors un peu de temps pour trouver la phrase juste. Pour Ă©voquer la rencontre de ces travailleurs que l'on ne croise que trĂšs tĂŽt, Ă  l'heure du premier mĂ©tro, l'image du pantalon retournĂ© s'est rapidement cristallisĂ©e en moi. Il m'a fallu ensuite dĂ©lier la phrase, pour dire cette expĂ©rience simplement et sans misĂ©rabilisme Perdue parmi les visages fatiguĂ©s / je marche sur l'envers du monde / comme sur un pantalon retournĂ© / que leurs mains repassent / pour habiller le jour »Une de tes rĂ©ussites, c'est de renouveler la façon de sortir le quotidien de son dĂ©senchantement ». De le dĂ©gager des clichĂ©s et des interdits. Comment rĂ©ussis-tu par exemple Ă  parler de la maternitĂ© ? Le sentiment maternel n'est pas ce qui nourrit chez moi le poĂšme sur l'enfant. Avoir des enfants m'a plutĂŽt remise en lien avec l'Ă©tat d'enfance, ce moment oĂč le mystĂšre du monde est encore entier, et doit ĂȘtre dĂ©chiffrĂ©, mis progressivement en mots. Lorsqu'un enfant fait un cauchemar et le raconte au matin Ă  ses parents, il est dans ce rapport originel au langage, qui consiste Ă  recrĂ©er le monde, ou en tout cas Ă  le rendre Ă  nouveau habitable Sous la lumiĂšre basse de la cuisine / je te regarde recoudre le jour / d'un fil de confiance et de courage. »La rencontre avec l'enfant s'est imposĂ©e dans mes poĂšmes, non pas pour elle-mĂȘme, mais parce que, comme le dirait tout parent, elle a bouleversĂ© mon rapport au monde. Je n'avais pas conscience qu'il s'agissait d'un thĂšme un peu piĂ©gĂ©, et tant mieux, car cela m'aurait intimidĂ©e. Pour autant, je ne souhaite pas devenir une poĂ©tesse de la maternitĂ©, installĂ©e dans son identitĂ© de mĂšre. Ce serait la porte ouverte Ă  beaucoup de facilitĂ© et, disons-le, de en exergue un extrait de Foucault est un geste inattendu. Mais plus on avance dans L'ombre des heures, plus on aperçoit que la citation est cohĂ©rent avec ta dĂ©marche... Je n'ai pas fait d'Ă©tudes de lettres, et j'ai peu lu les critiques de poĂ©sie. Je les dĂ©couvre peu Ă  peu aujourd'hui. Lorsque j'ai lu Les mots et les choses, je n'imaginais mĂȘme pas Ă©crire de la poĂ©sie. Pourtant j'ai immĂ©diatement notĂ© cette phrase, dans laquelle il dit que le poĂšte entend un autre discours, plus profond, qui rappelle le temps oĂč les mots scintillaient dans la ressemblance universelle des choses. ». Elle dĂ©crit exactement ce que je ressentais dĂ©jĂ  comme un pouvoir propre Ă  la poĂ©sie celui d'un rĂ©ajustement miraculeux du langage au rĂ©el. Un rĂ©ajustement Ă©phĂ©mĂšre, dont le poĂšme cherche Ă  fixer la le propos de Foucault dans cet ouvrage est de montrer comment le discours acquiert peu Ă  peu une autonomie par rapport au rĂ©el. De nombreuses avant-gardes poĂ©tiques ont explorĂ© les possibilitĂ©s offertes par un langage autonome. Mais je crois que la formule de Foucault peut encore ĂȘtre un manifeste pour des poĂštes contemporains. Il ne s'agit pas de nier la rupture moderne, mais au contraire d'Ă©crire Ă  partir de cet Ă©cart qui s'est creusĂ© entre le mot et la chose. Si le nom mot » revient souvent dans mes poĂšmes, c'est parce que j'ai conscience que le mot est une rĂ©alitĂ© en soi, qui a sa vie propre, et qu'il faut parfois rĂ©-apprivoiser. Devant le corps sans vie d'un ĂȘtre aimĂ©, j'ai besoin d'Ă©crire et les mots sont maintenant / des vaisseaux fantĂŽmes / qui glissent sur ta peau grise. »Il n'y a pas de gĂ©nĂ©ration spontanĂ©e. Quels sont les auteurs qui t'ont parus substantiels » parmi ceux qui t'ont immĂ©diatement prĂ©cĂ©dĂ©e ? Le poĂšte belge Philippe Mathy a Ă©tĂ© pour moi trĂšs important. Son recueil L'Atelier des saisons Cheyne, 1992, m'a rendu la poĂ©sie contemporaine accessible et dĂ©sirable. Son vers est limpide, ce qui est sans doute la qualitĂ© que je rĂ©vĂšre le plus en poĂ©sie. Il m'a ensuite lue et accompagnĂ©e avec une grande gĂ©nĂ©rositĂ©. Ce premier recueil lui doit Finck, nĂ©e en 1960, est professeure de littĂ©rature comparĂ©e Ă  l'universitĂ© de Strasbourg. Elle a publiĂ© plusieurs essais sur Yves Bonnefoy et sur les rapports que la poĂ©sie entretient avec la danse et la musique. Le prix Max Jacob attribuĂ© Ă  Connaissance par les larmes Arfuyen, son quatriĂšme livre, a mis en Ă©vidence une poĂ©tesse qui depuis longtemps multiplie les liens avec des cinĂ©astes Jean Rouch, Laurry Garnier, des danseurs Carolyn Carlson et des compositeurs Gualtiero Dazzi.Acceptes-tu que l'on dise qu'une partie de ton Ɠuvre est comme portĂ©e par une force quasi mystique ?MichĂšle Finck Oui. Dans mon dernier livre, je suis sans cesse au bord de la mystique, comme on dit ĂȘtre au bord des larmes. Il y a une tension vers elle sans que je tombe dans le religieux. Ou alors il faut prendre le mot religion » au sens de religare », qui signifie relier ». La poĂ©sie est en effet ce qui me relie Ă  quelque chose qui me dĂ©passe. Si la poĂ©sie est pour moi un exercice spirituel, les deux centres gĂ©nĂ©rateurs de la quĂȘte sont le doute et le questionnement. S’il y a tension vers une transcendance, c’est une transcendance dans l’immanence, saisie dans toute sa fonction de la poĂ©sie est de dire la condition humaine, c’est Ă  dire aussi le divin qui gĂźte au profond de l’ĂȘtre. Comme dit dans le poĂšme initial, ce qui m’importe c’est cette trace » en nous d’un Dieu » que l’expĂ©rience des larmes permet de pressentir. Je risquerai alors la formule suivante s’il y a une mystique » dans mes poĂšmes, c’est sans doute une mystique athĂ©e, ou plutĂŽt une mystique agnostique qui est avant tout une pensĂ©e du questionnement questionner, telle est notre condition.Pour te lire, il faut ĂȘtre attentif Ă  la verticalitĂ© de l'Ă©criture, aux passages Ă  la prose, Ă  l'emploi soudain du haĂŻku... Pourquoi utiliser un si vaste registre ?M. F. Il m’importe que la poĂ©sie soit toujours mobile, car il s’agit de dire le vivant qui est une expĂ©rience de la mobilitĂ© perpĂ©tuelle. Pour dire la vĂ©ritĂ©, il faut que les poĂšmes soient fidĂšles au mouvement et Ă©chappent Ă  toute forme préétablie... La prose est davantage en rapport avec l’expĂ©rience du quotidien. Elle alterne avec le vers, davantage liĂ© Ă  une tension vers l’absolu. Mais cette alternance ne suffit pas. Surgit alors la verticalitĂ©. Connaissance par les larmes est un livre en sept mouvements qui s’ouvrent et se ferment sur un poĂšme vertical que j’appelle ChƓur ». Le poĂšme vertical est une forme de calligramme des larmes. Il renvoie aussi aux moments de la vie tendus vers ce qui nous dĂ©passe. Pourtant prose, vers, verticalitĂ© ne suffisent pas Ă  dire la vĂ©ritĂ© de la alors le poĂšme de trois vers, proche du haĂŻku, qui permet d’ĂȘtre au plus proche de l’expĂ©rience sensible. Cette forme rapide et dense saisit la vie sur le vif, mais aussi les moments de grĂące, les Ă©piphanies. Dans ces triolets, quelque chose comme la lumiĂšre de la vie peut apparaĂźtre. Ce sont des entrevisions, ou plutĂŽt, chez moi, des entre-auditions.... Autre chose l’alternance prose, vers, verticalitĂ©, forme de haĂŻku , m’importe aussi parce qu’elle dĂ©stabilise le sol verbal. Dire la vĂ©ritĂ© de la vie c’est rendre compte de cette dĂ©stabilisation perpĂ©tuelle du en es-tu venue Ă  donner au blanc une telle importance ?M. F. Sans prĂ©mĂ©ditation, sans rĂ©flexion prĂ©alable. D'un coup, j’ai Ă©tĂ© face Ă  lui. D'un coup, le poĂšme est devenu ce face-Ă -face avec le blanc. Sans doute en suis-je arrivĂ©e lĂ  par un travail sur la langue. Pour que chaque mot soit comme un sanglot entrecoupĂ©, pour que la langue soit avant tout rythme, il faut faire violence Ă  la langue. Il faut qu'elle soit une langue de l’urgence dont la densitĂ© et l’ñpretĂ© vont Ă  l’essentiel. Ce travail a abouti Ă  la crĂ©ation de longs blancs entre certains mots qui fait entrer dans la langue ce qui est absolument primordial le silence, l’intervalle, la scansion, le souffle, le 2007, ton Ă©criture a changĂ©. Comment te reprĂ©sentes-tu ton Ă©volution ?M. F. AprĂšs L’ouĂŻe Ă©blouie, Balbuciendo et La troisiĂšme main, Connaissance par les larmes correspond Ă  un moment de synthĂšse de la veine autobiographique de Balbuciendo et de la transposition d’Ɠuvres musicales de La troisiĂšme main. Mais aussi Ă  un moment d’ouverture. La veine autobiographique dans Connaissance par les larmes est liĂ©e Ă  l’expĂ©rience fondatrice d’une sĂ©paration, qui est au centre du premier mouvement Court-circuit ». Il y va d’une exploration et d’une imploration des larmes lorsque celles-ci tout Ă  coup ne parviennent plus Ă  couler. Quelle mutation intĂ©rieure permettent les larmes pour celle qui est sĂ©parĂ©e ? Quelle mĂ©tanoia ? Les mouvements suivants dĂ©passent peu Ă  peu cette tonalitĂ© autobiographique et ouvrent le livre vers les larmes anonymes, transmutation est au cƓur de Connaissance par les larmes. Son creuset est un travail sur et avec les arts. Dans Connaissance par les larmes, le dialogue avec la musique de Musique des larmes » se prolonge par un dialogue avec la peinture dans MusĂ©e des larmes », et avec le cinĂ©ma dans CinĂ©mathĂšque des larmes ». Puis l’élargissement synthĂ©tique en spirales s’intensifie pour donner lieu Ă  un sixiĂšme mouvement ÊtrĂ©crire » et Ă  un septiĂšme Celle qui neige » qui ouvrent le livre sur une mĂ©ditation autour de la poĂ©sie. La formule ÊtrĂ©crire » est un viatique ĂȘtre c’est Ă©crire ; et Ă©crire c’est animateur de revue, directeur littĂ©raire, responsable de l'Espace Pandora au centre de la vie poĂ©tique Ă  Lyon, Thierry Renard, nĂ© en 1963, n'a jamais cessĂ© d'Ă©crire et de dire sur scĂšne des poĂšmes qui semblent, affirme Charles Juliet - dont la rencontre fut dĂ©cisive - couler de source », libres de de toute intention, de tout dĂ©sir de prouver quoi que ce soit ». Il rassemble aujourd'hui, pour les Ă©ditions La rumeur libre, la trentaine de livres qui constituent son dĂ©fend la thĂšse d'un sujet de l’écriture » indĂ©pendant du citoyen, de l'homme quotidien et du sujet psychanalytique. En composant tes Ɠuvres poĂ©tiques as-tu rencontrĂ© ce sujet particulier ?Thierry Renard À l’intĂ©rieur des deux tomes publiĂ©s un troisiĂšme est prĂ©vu, la chronologie existe, rĂ©siste mĂȘme, mais ils peuvent se lire sĂ©parĂ©ment. Ils ne se suivent pas. Le premier est plutĂŽt orientĂ© vers les voyages, le deuxiĂšme vers les hommages, avec toujours l’amour ou l’amitiĂ© en filigrane. Quant au sujet » que tu Ă©voques, il en est bien le personnage central. La plupart de mes poĂšmes sont Ă©crits Ă  la premiĂšre personne du singulier. La question du Je reste pour moi intacte, inexplorĂ©e. Je fais ce que je peux, j’écris avec les armes qui sont les miennes. Je est un autre », a Ă©crit jadis Arthur Rimbaud. ForcĂ©ment, Je est toujours un autre !Mon autobiographie relĂšve de l’autofiction, dans sa recomposition mĂȘme. Nous sommes en poĂ©sie, il ne s’agit pas lĂ , non plus, d’un journal intime, tenu au jour le jour et au fil des pages. Le sujet » est bien rĂ©el, mais soit c’est un objet littĂ©raire dĂ©sincarnĂ© et non identifiĂ©, soit il a un effet miroir, et il est le reflet d’une partie de la rĂ©alitĂ©. Partir de soi n’est pas faire acte de nombrilisme. Partir de soi, c’est tenter l’introspection volontaire, puis son basculement dans l’imaginaire. Quel est ton rapport Ă  la politique et Ă  l'histoire ?T. R. La politique et l’histoire me nourrissent depuis l’adolescence, depuis les commencements de l’écriture. Mon pĂšre, ouvrier et syndicaliste, voulait que je devienne professeur d’histoire. Il me disait souvent mieux maĂźtriser l’histoire, c’est maĂźtriser le temps humain, c’est gagner la partie sur ses adversaires. Je me suis engagĂ© trĂšs tĂŽt en politique, aux cĂŽtĂ©s des communistes, alors que c’était dĂ©jĂ  passĂ© de mode. Je crois que tous mes poĂšmes sont traversĂ©s par mon rapport, Ă©troit, Ă  la politique et Ă  l’histoire. Mon Ă©criture est permĂ©able au temps oĂč nous sommes. Mes poĂšmes sont des poĂšmes de circonstances
 Parmi mes poĂštes de prĂ©dilection, il y a les grands poĂštes de l’histoire du vingtiĂšme siĂšcle, Nazim Hikmet, Pablo Neruda, Yannis Ritsos et, bien sĂ»r, Pier Paolo tu avais Ă  choisir un de tes poĂšmes ce serait lequel?T. R. Question bien difficile, en vĂ©ritĂ©. J’ai toujours un peu le sentiment, sur le moment, que mon dernier est le plus rĂ©ussi, le plus proche de moi et de ma vĂ©ritĂ©. Mais si je devais choisir un recueil dans son entier, je retiendrais Le fait noir. Il ouvre, d’ailleurs, le premier tome de mes ƒuvres poĂ©tiques. Et sa suite, Le fait noir deux, referme le deuxiĂšme. C’est le recueil qui m’a permis d’ĂȘtre remarquĂ©. Et il y est question d’une Ăźle, la RĂ©union, terre de poĂštes
Depuis toujours tu es l'incarnation mĂȘme du passeur ». Quels sont les individus et les festivals que tu aimerais mettre en avant ?T. R. Passeur, agitateur, oui, depuis 1985, avec l’association Espace Pandora, Ă  VĂ©nissieux et ailleurs
 Et Ă©diteur, aussi, cela fait partie du voyage ». J’ai beaucoup d’estime pour celles et ceux qui essaient de transmettre, d’aider Ă  passer le guĂ©. Je pense, tout d’abord, Ă  Armand Gatti et Ă  La parole errante. Mais je pense aussi Ă  Jean-Pierre SimĂ©on, Ă  Clermont-Ferrand avec la Semaine de la poĂ©sie, Ă  tout son boulot avec Christian Schiaretti au TNP de Villeurbanne, en tant qu’auteur associĂ©, Ă  l’occasion des LangagiĂšres, notamment... Jean-Pierre, encore, durant toutes les annĂ©es oĂč il a animĂ© le Printemps des poĂštes en tant que directeur artistique. Mais je pense Ă©galement Ă  Yvon Le Men, Ă  Lannion, avec son cycle de rencontres, Il fait un temps de pense, enfin, Ă  ceux et Ă  celles qui Ɠuvrent pour concilier Ă©ducation artistique et Ă©ducation populaire. Ils ne sont pas si nombreux
 Quant Ă  mes Ă©diteurs amis, il y a Andrea Iacovella, bien sĂ»r, des Ă©ditions La rumeur libre, et Bruno Doucey avec qui, depuis deux ans, je collabore rĂ©guliĂšrement avec les rencontres dĂ©terminantes que furent, dans les annĂ©es 70, celles d'Henry Moore et de RenĂ© Char, Patrick Maury, nĂ© en 1950 a engagĂ© sa vie sur les chemins de l'Ă©criture et de la sculpture. Tout en prĂ©parant des expositions personnelles ou collectives, il a participĂ© trĂšs activement Ă  des revues telles que Le MĂąche-Laurier et Secousse, et a publiĂ© plusieurs livres de poĂšmes et une monographie aux Ă©ditions Le Lamparo, Obsidiane et Sonnets pour un homme mourant Éditions Obsidiane, 2017, tu t'attaques pour la premiĂšre fois Ă  la traduction. Pourquoi traduire Burns Singer ?Patrick Maury C’est mon ami François Xavier Jaujard, le fondateur des Ă©ditions Granit, grand angliciste et traducteur lui-mĂȘme Henry James, John Cowper Powys, Edith Wharton, John Millington Synge, David Gascoyne, Kathleen Raine, une amie de Burns Singer qui, au dĂ©but des annĂ©es 1990, a dĂ©couvert Burns Singer dans le Quaderno XVI 1955 de la prestigieuse revue romaine Botteghe Oscure, dirigĂ©e alors par Giorgio Bassani. Quel ne fut pas son Ă©tonnement de voir qu’on avait publiĂ© ici l’intĂ©grale des Sonnets for a Dying Man, soit cinquante sonnets, d’un parfait inconnu de vingt-sept ans ! Et c’est aprĂšs une lecture Ă©blouie qu’il a eut la ferme intention de les publier. Mais il fallait pour cela trouver un traducteur. Les quelques personnes contactĂ©es, aprĂšs avoir pris connaissance du texte et dĂ©couvert ses difficultĂ©s, dĂ©clinĂšrent l’offre. Moi, dans ma grande naĂŻvetĂ©, je lui ai seulement demandĂ© de pouvoir les quelle nature sont les liens qui, entre ta poĂ©sie et celle de Singer, t'ont dĂ©cidĂ© Ă  te lancer dans cette aventure?P. M. Il y a au dĂ©part une question purement formelle. J’étais alors en train d’écrire Petites MĂ©tanies du Temps, un recueil d’une cinquantaine de treizains. Singer, lui, avait choisi le sonnet. C’est donc, en un premier temps, la forme courte qui nous a rapprochĂ©s. Mais nos versifications rĂ©pondent Ă  des exigences bien diffĂ©rentes. Singer reprend, Ă  sa façon, le sonnet Ă©lisabĂ©thain, mĂȘlant trĂšs librement rimes et assonances, vers de dix et onze pieds alors que je n’utilise que le vers libre et l’assonance. Non, plus que la forme, et avant mĂȘme d’en prendre la mesure, ce qui m’a immĂ©diatement sĂ©duit, c’est le titre Sonnets for a Dying Man. J’entendais lĂ  comme un Ă©cho de mon propre titre, sa fondation homothĂ©tique en voulait explorer l’insaisissable, approcher l’instant d’avant, tenter d’éclairer le vieux passage de la vie Ă  la mort. Et pour cela, il a choisi le théùtre minuscule du sonnet afin de restreindre encore l’espace de la scĂšne oĂč l’acte qui se joue sous nos yeux n’apportera plus qu’un seul petit morceau de vie, dĂ©boĂźtĂ© du mourir. Car c’est de cela qu’il s’agit ; faire un dernier inventaire avant la fermeture des mots. LĂ  se situe notre incroyable rencontre. Comme Singer, tout l’enjeu de ma poĂ©sie consiste Ă  saisir, j’allais dire Ă  fixer, la bande son du monde sur cet infime moment oĂč le corps tombe. Qu’on se souvienne de la chute vertigineuse de cet homme fixĂ© Ă  jamais sur fond de World Trade Center ou de L’homme qui chavire » de Giacometti et l’on comprendra mieux pourquoi les mots parfois nous apaisent et jamais ne nous langue de Singer est d’une approche difficile. Comment as-tu surmontĂ©s les obstacles ?P. M. Avant toute chose, je veux rendre hommage aux trois personnes sans qui ce livre n’existerait pas Ă  mon co-traducteur Anthony Hubbard, poĂšte lui-mĂȘme, qui a vĂ©cu plus de cinquante ans en France, Ă  Mary-Beth Mader, professeure de philosophie Ă  Memphis University et enfin Ă  Peter Broome, professeur Ă  la Queen’s University de Belfast, traducteur de AndrĂ© FrĂ©naud et auteur d’une trĂšs remarquable prĂ©face Ă  La SorciĂšre de Rome en PoĂ©sie/ plus que les rĂ©elles difficultĂ©s de traduction, je voudrais tenter de justifier mon choix du vers libre non rimĂ©. J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les traductions en vers, dĂ©casyllabe ou alexandrin, rimĂ©s ou pas, des sonnets anglais. À la fluiditĂ© de la langue anglaise s’oppose immĂ©diatement le martĂšlement du français, et l’oreille souffre. C’est pourquoi, grĂące Ă  une Ă©dition bilingue, j’ai eu l’audace de proposer un rythme plus souple qui permettra au lecteur de juger sur l’original ce que je crois ĂȘtre une des meilleures voix d’ Padellec 1976 a commencĂ© Ă  publier en 1999. TrĂšs vite, elle a dĂ©cidĂ© de vivre en poĂ©sie, en acceptant les sacrifices matĂ©riels que cela comporte. Auteure d'une Ɠuvre dĂ©jĂ  importante dont le dernier titre, Cicatrice de l'Avant jour, paru chez Al Manar en 2018, vient de recevoir le Prix Saint Quentin-en-Yvelines des CollĂ©giens, elle mĂšne de front plusieurs activitĂ©s. Animatrice d'ateliers d'Ă©criture, Ă©ditrice elle a fondĂ© en 2010 les Ă©ditions de La Lune bleue, mais aussi plasticienne et organisatrice de festival Les TrouĂ©es poĂ©tiques en Bretagne, elle ne baisse jamais les bras, d'autant que, spĂ©cialiste des formes japonaises, elle est invitĂ©e ici et lĂ  en France et Ă  l'Ă©tranger MontrĂ©al... et n'hĂ©site pas Ă  se produire sur scĂšne .La Maison de la PoĂ©sie RhĂŽne-Alpes, vient te publier ton anthologie Duos - 118 jeunes poĂštes de langue française. Cela faisait-il longtemps que tu y travaillais ?Lydia Padellec Ce projet est nĂ© en 2013 d’un constat trĂšs peu d’anthologies mettent en avant les voix de ces poĂštes Ă©mergents nĂ©s entre 1970 et 1990 gĂ©nĂ©rations X et Y. Je souhaitais montrer la diversitĂ© de ces voix qui viennent de France et de l’étranger. A ce jour, j’ai rĂ©fĂ©rencĂ© pas moins de 300 poĂštes Ă©ditĂ©s Ă  compte d’éditeur, actifs en poĂ©sie ; le plus jeune Ă©tant nĂ© en 1999, publiĂ© l’an dernier par le Castor Astral. Contrairement aux idĂ©es reçues, ces gĂ©nĂ©rations s’intĂ©ressent Ă  la poĂ©sie elles ont des choses Ă  dire et le poĂšme leur permet de vĂ©hiculer leurs rĂȘves, leurs rĂ©voltes, leurs espoirs ou leurs dĂ©sillusions. Ils ont pleine conscience du monde dans lequel ils vivent, conscience que la poĂ©sie ne peut pas le changer mais permet d’ouvrir des fenĂȘtres et de libĂ©rer la anthologie ne rĂ©agit pas Ă  ce seul constat...L. P. Elle s'efforce de corriger aussi la place des femmes dans le milieu poĂ©tique. MĂȘme si depuis quelques annĂ©es nous progressons, il reste encore beaucoup Ă  faire. TrĂšs peu de femmes poĂštes reçoivent de grands Prix – rien que pour l’Apollinaire, depuis 1941 seulement dix en ont Ă©tĂ© rĂ©cipiendaires ! Cela ne touche pas que la poĂ©sie. La liste des prix Nobel de LittĂ©rature en est une preuve. Quant aux anthologies mixtes, leur place est rĂ©duite. En 2010, quand j’ai créé les Éditions de la Lune bleue, il Ă©tait clair que mon catalogue aurait une paritĂ© parfaite publication en couple », comme le font aujourd’hui certains Ă©diteurs intĂ©rieur. Je ne pense pas qu’il y ait une spĂ©cificitĂ© de l’écriture fĂ©minine », mais de nombreuses femmes Ă©crivent, traduisent, Ă©ditent, performent, organisent des Ă©vĂ©nements. Lectrices et critiques. Elles ont une part importante dans la crĂ©ation. Dans tout cela, qu'en est-il de toi ?L. P. Un court poĂšme de MĂ©lancolie des embruns pourrait dĂ©finir » ma poĂ©sie Chaque matin, je mords dans le galet Ă  dĂ©faut d’embrasser l’aube ». J’ai toujours eu une Ă©criture minimaliste ». TrĂšs inspirĂ©e Ă  mes dĂ©buts par la poĂ©sie surrĂ©aliste, j’ai gardĂ© le goĂ»t des images. La dĂ©couverte du haĂŻku m’a permis de revenir vers le rĂ©el j’écris aujourd’hui des poĂšmes touchant le quotidien, proche de la nature, Ă  consonance lyrique et teintĂ© d’inquiĂ©tante Ă©trangetĂ©. Avec Cicatrice de l’Avant-jour j’évoque les terribles Ă©vĂ©nements de 2015 et ma poĂ©sie semble prendre un tournant plus engagĂ©. Aujourd’hui, je me partage entre le poĂšme en vers libres, les poĂšmes japonais haĂŻku, tanka et haĂŻbun et principalement le poĂšme en prose. Je me suis remise Ă  l’écriture de nouvelles et un premier roman ou rĂ©cit est en quĂȘte d’ Ă©cris toujours des haĂŻkus ?L. P. Oui, mais beaucoup moins qu'avant. Voici par exemple un poĂšme en prose qui a fait l’objet d’un livre pauvre rĂ©alisĂ© avec l’artiste VĂ©ronique Arnault Timidement j’avance Ă  l’orĂ©e du poĂšme. Branches et bras se mĂȘlent ensemble dans la terre fertile. Des rochers en bord de mer parfois viennent reposer mes pas. Mon corps devient alors grain de sable. Je communie avec le cri jouissif de la mĂ©sange. La peau du ciel se fait plus tendre. Je pĂ©nĂštre un mystĂšre qui n’a rien Ă  voir avec dieu. Je m’atomise. Je me fonds dans le paysage pour disparaĂźtre. Mais la goutte s’échappe toujours de l’ocĂ©an. Seule. »Propos recueillis par GĂ©rard Comme elle avait gardĂ© les moutons Ă  Nanterre, On la mit Ă  garder un bien autre troupeau, La plus Ă©norme horde oĂč le loup et l’agneau Aient jamais confondu leur commune comme elle veillait tous les soirs Solitaire Dans la cour de la ferme ou sur le bord de l’eau, Du pied du mĂȘme saule et du mĂȘme bouleau Elle veille aujourd’hui sur ce monstre de quand le soir viendra qui fermera le jour, C’est elle la caduque et l’antique bergĂšre, Qui ramassant Paris et tout son alentourConduira d’un pas ferme et d’une main lĂ©gĂšre Pour la derniĂšre fois dans la derniĂšre cour Le troupeau le plus vaste Ă  la droite du PĂ©guy Jour 1/365 Par Fa_que

poesie le premier jour de l an