Nousvoilà munis d’une boussole intérieure ! Écoutons cette voix par laquelle Dieu nous conduit pas à pas, en toute sécurité. Soyons sensibles aux petits signes de l’Esprit et nous acquerrons plus de confiance, d’espérance, d’assurance Alors, à notre tour, nous prendrons des précautions vis-à-vis des autres quant à ce que nous pouvons leur dire, sans présumer de leurs Toutevérité n’est pas bonne à délibérer. La polysémie du mot « vérité », du moins en tant qu’il renvoie à une valeur, rend nécessaire la spécification de ses nombreuses acceptions dans différents domaines – scientifique, religieux, éthique, esthétique etc. Appliquées à la question de la vérité en démocratie, ces Qu’est-ce que la vérité ? » La question n’est pas d’hier. C’est celle que posa Ponce Pilate à Jésus-Christ. Pour dire. La vérité, c’est visiblement un truc qui travaille Emmanuel Macron et la Macronie. On se souvient des vœux du Président, le 31 décembre dernier : des vœux de « vérité », « dignité » et « espoir ». Extraitde l’audio de L’éveil des consciences Définitionssupplémentaires pour 'toute vérité n'est pas bonne à dire': toute vérité n'est pas bonne à dire: All truths are not to be spoken at all times. Les voir tous » Traduction Trouver une traduction pour le toute vérité n'est pas bonne à dire phrase dans d'autres langues: all truth is not good to say. Sélectionnez une autre langue: - Select - 简体中文 (Chinese Tsw4RuH. 1 La possibilité du mensonge est donnée avec la conscience même, dont elle mesure ensemble la grandeur et la bassesse [1]. » Cette remarque liminaire de Vladimir Jankélévitch situe d’emblée la paradoxologie inhérente au mensonge. Celui-ci n’a de consistance que parce que son sujet est un être capable de vérité et de liberté ; il est un signe en creux de la liberté d’une conscience humaine – ou mal-angélique – adulte. Dans La Métaphysique des mœurs, Kant fait cette observation Il est remarquable que la Bible date le premier crime par lequel le mal est entré dans le monde, non du fratricide de Caïn, mais du premier mensonge parce que la nature même s’élève contre ce crime et qu’elle désigne le menteur du début et le père des mensonges comme l’auteur de tout mal [2]. » L’interdit divin de porter un faux témoignage a été entendu et étendu par un important courant de la Tradition comme une prohibition stricte de tout mensonge, comme une exigence de droiture et de justice personnelles. Ne pas mentir n’est en effet qu’une expression indirecte d’un devoir du locuteur. Ce qu’on attend de lui, au fond, n’est pas tant de dire ou de ne pas dire, ceci ou cela, mais d’être vrai. Ne pas mentir est une condition de possibilité de cet être vrai », mais, inversement, l’homme n’est capable d’être vrai que parce qu’il est capable de mentir, ou plus exactement de connaître s’il dit vrai ou non. Quoi qu’il en soit de l’exactitude de ce que dit un perroquet, il ne saurait ainsi pas plus mentir que dire la vérité, par défaut de connaissance et d’intention. Il apparaît ainsi, en première approche, que le mensonge contient à la fois une fausseté matérielle et objective – un énoncé inexact – et une fausseté formelle et subjective – l’intention de tromper. Il consisterait à dire quelque chose de faux alors qu’on le sait tel. 2Les choses ne sont pourtant pas si simples. Ne ment en effet que celui qui manque à une vérité qu’il connaît, sinon il y a erreur et non pas mensonge. Celui qui dit le faux en le croyant vrai ne ment donc pas. Celui qui dit le vrai en le croyant faux ment-il ? Il le semble bien. En disant quelque chose de vrai, il ne dit pas la vérité, il n’est du moins pas vrai, alors même que sa parole ne manque pas d’exactitude. Allons encore plus loin dire le vrai qu’on sait être tel n’est-il pas le cas apparemment le plus simple et le plus moral de coïncidence entre vérité du locuteur et vérité de la locution ? Pourtant, est-ce si simple et si moral, si, moi, bien portant, je te dis, à toi, malade, que tu vas mourir dans quelques jours ou quelques semaines ? Toute vérité n’est pas bonne à dire, proclame le bon sens populaire. Il vaudrait donc mieux parfois pouvoir se taire. Oui, mais ce n’est pas possible quand le silence a déjà le sens d’une réponse. Docteur, je ne vais pas mourir, n’est-ce pas ? » Docteur, pensez-vous qu’il gardera des séquelles ? » Hébergez-vous un immigré clandestin ? » Autant de questions, auxquelles une réponse exacte peut être inopportune et le mutisme d’une éloquence complice. Dire la vérité peut faire mal et peut faire du mal. On peut même l’utiliser pour cela. Jankélévitch range cette manipulation de la vérité dans la catégorie de la sincérité diabolique » [3]. Si la vérité peut bien se montrer mensongère, inversement le mensonge ne dit-il pas, au rebours de son intention même, indirectement, sinon le vrai, du moins du vrai, contrefait certes, mais tout de même en cela partitif ? On ment bien avec la bouche », dit Nietzsche, mais avec le museau qu’on fait on dit la vérité quand même » c’est la vérité du mensonge, écrit Jankélévitch, aussi inéluctable que l’authenticité de l’illusion, l’intelligibilité de l’absurde ou l’ordre du désordre, la vérité obligatoire sans cesse régénérée par-dessous les ruses qui l’altèrent [4]. » Car le mensonge, non moins que la vérité, suppose une relation, qu’il pervertit mais qu’il signe aussi, renvoyant trompeur et trompé à une commune responsabilité. La question morale de la vérité et du mensonge requiert ainsi, comme l’a bien vu Jankélévitch, la prise en compte de trois variables l’intention, la réalité objective et le rapport entre conviction et parole. Peut-être découvrirons-nous, chemin faisant, que d’autres sont encore nécessaires. 3Le mensonge est-il immoral ? est-il évitable ? Notre réflexion partira de la thèse de la prohibition stricte ; celle-ci sera ensuite soumise à une double critique, externe et interne ; enfin, la critique de la critique s’efforcera de faire droit aux divers éclairages fournis et de les placer en perspective mensonge interditSaint Augustin et le martyre pour la vérité4La réflexion sur le mensonge doit beaucoup à saint Augustin, qui lui consacre deux de ses ouvrages [5]. Sa position est connue pour représenter la ligne sévère excluant quelque légitimité morale que ce soit à tout mensonge. Il se situe, pour ainsi dire, dans une perspective anti-proportionnaliste, excluant, pour des actes qui sont par eux-mêmes des péchés, que la fin puisse justifier les moyens. Si mentir c’est avoir une pensée dans l’esprit et, par paroles ou tout autre moyen d’expression, en énoncer une autre [6] », le mensonge est immoral en raison de l’intention de tromper qui lui est inhérente. Augustin écarte les arguments classiques, puisés à l’Écriture, qui ouvriraient la possibilité d’objections Sara riant et niant l’avoir fait Gn 18, 15, Jacob affirmant à son père qu’il est Esaü Gn 17, 19, les sages-femmes qui sauvent, par leur mensonge, les premiers-nés des Hébreux de la mort avec l’approbation et la récompense du Seigneur Ex 1, 19 ou encore la simulation de Pierre et de Barnabé Ga 2, 12, ou la circoncision de Timothée par Paul Ac 16, 3. Tous ces textes doivent être interprétés le mensonge ne saurait donc se prévaloir de l’autorité de l’Ancien Testament, soit parce qu’un acte ou une parole figurée n’est pas une tromperie, soit parce qu’on ne propose pas aux bons d’imiter ce qu’on loue dans les méchants comme une amélioration relative. Il ne peut pas davantage se réclamer du Nouveau Testament, car on y propose à notre imitation la correction plutôt que la dissimulation et les larmes de Pierre plutôt que son reniement [7] ». Saint Augustin aborde alors des objections courantes, telles que le mensonge commis pour sauver la vie de quelqu’un. Prenant au pied de la lettre l’affirmation de l’Écriture la bouche qui ment tue l’âme » Sg 1, 11, il affirme que la vie de l’âme, anéantie par le mensonge, doit prévaloir sur la vie du corps le fait que ce soit la vie de mon âme que je préfère à la vie de son corps n’entre pas pour lui en considération il faut préférer notre âme à la vie du prochain non moins qu’à notre propre vie. La logique qui meut saint Augustin veut que le mensonge soit toujours en lui-même mauvais, interdit, et incomparable à ce qui est néfaste et ne pourrait être empêché que moyennant le sacrifice de la vérité Un homme vient à nous une corde à la main, nous demandant d’accomplir avec lui un acte infâme et nous certifiant que notre refus le décidera à se pendre. Faudra-t-il consentir à sa demande pour le sauver, comme ils disent, de la mort ? Ce serait absurde et criminel. Mais alors pourquoi serait-il permis de se corrompre l’âme par un mensonge pour qu’un autre garde son corps vivant ? [8] » Le deuxième exemple est réglé selon le même principe. Il s’agit du cas où un mensonge est commis pour sauver une autre personne d’un viol si un libertin vous fait violence sans que vous puissiez vous en délivrer par la force, la persuasion ou le mensonge, tout le monde conviendra que la passion d’autrui ne peut porter atteinte à votre honneur. C’est pourquoi l’âme étant, de l’aveu de tous, supérieure au corps, il faut à la pureté du corps préférer l’intégrité de l’âme, qui, elle, peut être gardée éternellement [9] ». Pourtant, objecte encore saint Augustin, le mensonge ne doit-il pas être admis parfois comme un moindre mal, par exemple en acceptant, quoique chrétien, de sacrifier aux idoles afin d’échapper au déshonneur infligé par le persécuteur ? La réponse est tranchante il faut confesser la foi quoi qu’il en coûte, et donc refuser mensonge et dissimulation. Il illustre son propos par un exemple hautement suggestif de martyr Il ne veut pas renier le Christ en sacrifiant aux démons et voilà qu’en raison de ce refus on va faire mourir sous ses yeux non pas un étranger, mais son propre père qui le supplie de ne pas persévérer dans son attitude pour l’arracher à la mort. N’est-il pas évident que s’il persiste dans la confession de sa foi, les seuls homicides seront les bourreaux de son père et que lui-même n’est pas parricide ? De même donc qu’il n’est pas complice de ce meurtre, si criminel, en préférant que son père, fût-il impie, fût-il menacé des peines éternelles, soit mis à mort, plutôt que de violer lui-même sa foi par un faux témoignage, de même il échappera à toute complicité s’il se refuse à toute mauvaise action, quoi que fassent ses persécuteurs à la suite de son refus. Que disent, en effet, ces persécuteurs, sinon Fais du mal pour que nous n’ayons pas à en faire ? … Pourquoi serions-nous leurs complices plutôt que de leur laisser le monopole de leur honte et de leur méchanceté ? [10] »Saint Thomas d’Aquin et la naturalité du langage5Saint Thomas d’Aquin conjugue cet héritage augustinien avec celui de l’aristotélisme. Il estime que le langage est signe naturel de la pensée et acquiert une valeur éthique du fait que la raison rattache volontairement le signifiant au signifié toute représentation exige un rapprochement, œuvre propre de la raison [11] ». Saint Thomas apporte surtout une précision nouvelle au sujet de l’intention du menteur l’intention de la volonté déréglée peut se porter à deux choses premièrement, exprimer ce qui est faux, et deuxièmement, comme effet propre de cette énonciation du faux, tromper quelqu’un ». Ce dédoublement est un apport de la pensée thomasienne ; il signifie que, même si le menteur ment pour tromper, il reste que le mensonge a sa consistance propre, antérieurement à cet effet le désir de tromper appartient à l’effet ultime du mensonge, non à son espèce ». Si l’on ajoute la fausseté même de l’énoncé, on trouve donc trois éléments Si ces trois conditions se trouvent réunies fausseté de ce qui est dit, volonté d’exprimer cette fausseté, intention de tromper, le résultat est triple aussi fausseté matérielle, puisqu’on dit quelque chose de faux ; fausseté formelle, puisqu’on veut le dire ; fausseté efficiente, puisqu’on a l’intention de le faire croire. » La fausseté matérielle correspond à l’inexactitude de l’énoncé ; elle est une erreur, non une faute. Pas davantage la volonté de tromper, assurément qualifiable moralement de manière négative, ne constitue-t-elle formellement le mensonge Vouloir tromper quelqu’un, lui faire croire ce qui est faux, cela ne ressortit pas spécifiquement au mensonge, mais à une certaine perfection du mensonge, de même qu’un être physique reçoit son espèce de sa forme, quand bien même l’effet de celle-ci serait absent. » Si, par exemple, l’interlocuteur ne se laisse pas tromper, le mensonge existe pourtant dès que l’énoncé qui lui est adressé est volontairement faux. C’est la fausseté formelle qui constitue la raison de mensonge, à savoir la volonté d’exprimer ce qui est faux. C’est pourquoi on appelle “mensonge” mendacium ce que l’on dit “contre sa pensée” contra mentem. » 6Quant à la question de la moralité du mensonge, la thèse de saint Thomas d’Aquin est conforme à celle du De mendacio de saint Augustin tout mensonge est un péché. Il l’appuie aussi sur l’opinion d’Aristote. Il explique qu’il est contre-nature d’investir le langage d’une signification contraire à la pensée ; le mensonge est donc mauvais en soi malum ex genere Une chose mauvaise par nature ne peut jamais être bonne et licite ; parce que, pour qu’elle soit bonne, il est nécessaire que tous les éléments y concourent ; en effet, le bien est produit par une cause parfaite, tandis que le mal résulte de n’importe quel défaut », selon Denys. Or, le mensonge est mauvais par nature ; c’est un acte dont la matière n’est pas ce qu’elle devrait être ; puisque les mots sont les signes naturels des pensées, il est contre-nature et illégitime qu’on leur fasse signifier ce qu’on ne pense pas. Aussi Aristote dit-il que le mensonge est par lui-même mauvais et haïssable, tandis que le vrai est bon et louable ». Tout mensonge est donc un péché, comme l’affirme saint Augustin [12]. » Saint Thomas émet et résout une objection qui mérite une attention particulière ; elle soutient que le mensonge pourrait être admis parfois comme un moindre mal Il faut choisir un moindre mal pour en éviter un pire ; c’est ainsi que le médecin coupe un membre pour éviter l’infection du corps entier. Mais on fait moins de mal en communiquant une information fausse qu’en commettant ou en laissant commettre un homicide [13]. » Pour saint Thomas, le fait que le mensonge puisse avoir une utilité ne saurait empêcher le désordre intrinsèque résidant dans la contradiction entre la pensée et la parole. Dans cette optique, pour autant que le mensonge est intrinsèquement mauvais, il apparaît qu’il ne peut jamais être choisi en vue de quelque bien que ce soit Le mensonge a raison de péché non seulement à cause du tort fait au prochain, mais à cause du désordre qui lui est essentiel. Or, il n’est jamais permis d’employer un moyen désordonné, donc défendu, dans l’intérêt du prochain, par exemple de voler pour faire l’aumône excepté dans un cas de nécessité où toutes choses deviennent communes. Il n’est donc jamais permis de dire un mensonge pour soustraire quelqu’un à n’importe quel danger [14]. »Emmanuel Kant et le devoir absolu de véracité7Dans son petit écrit de 1797 intitulé Sur un prétendu droit de mentir par humanité, Kant polémique avec Benjamin Constant. Celui-ci, dans Des réactions politiques, lui reproche l’affirmation d’un devoir absolu et illimité de dire la vérité, qu’il voit comme destructeur du lien social Le principe moral que dire la vérité est un devoir, s’il était pris de manière absolue et isolée, rendrait toute société impossible. Nous en avons la preuve dans les conséquences directes qu’a tirées de ce premier principe un philosophe allemand qui va jusqu’à prétendre qu’envers des assassins qui vous demanderaient si votre ami qu’ils poursuivent n’est pas réfugié dans votre maison, le mensonge serait un crime [15]. » Benjamin Constant met en corrélation le supposé devoir de dire la vérité avec un droit à l’entendre dire Dire la vérité est un devoir. Qu’est-ce qu’un devoir ? L’idée de devoir est inséparable de celle de droits un devoir est ce qui, dans un être, correspond aux droits des autres. Là où il n’y a pas de droit, il n’y a pas de devoirs. Dire la vérité n’est donc un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité. Or nul homme n’a droit à la vérité qui nuit à autrui [16]. » Cette réduction de la vérité à sa composante sociale est du reste déjà présente chez Grotius et Puffendorf. Selon cette logique, je ne mens en parlant contre la vérité qu’à l’égard de ceux à qui je la dois. 8Du point de vue de Kant, en revanche, je ne dois pas la vérité seulement à l’autre, à qui je parle, mais je me la dois non moins à moi-même, ou, pour le dire autrement, à l’humanité, commune en moi, à moi et à l’autre la véracité dans les déclarations que l’on ne peut pas éviter est un devoir formel de l’homme à l’égard de chacun, quelle que soit l’importance du dommage qui peut en résulter pour lui ou pour un autre. Et bien que je ne commette pas d’injustice envers celui qui me contraint injustement à une déclaration quand je la falsifie, je commets cependant par une telle falsification qui, pour cette raison, peut elle aussi être appelée mensonge – quoique dans un sens qui n’est pas celui des juristes – une injustice dans la partie la plus essentielle du devoir en général c’est-à-dire que, pour autant que cela dépend d’elle, mon action a pour effet que des déclarations en général ne trouvent pas de créance, et que, par conséquent, tous les droits qui sont fondés sur des contrats tombent également et perdent leur force ce qui constitue une injustice à l’encontre de l’humanité en général [17] ». On l’aura compris Kant retourne au passage l’argument de Benjamin Constant ce qui rendrait toute société impossible », ce ne serait pas de dire toujours la vérité, mais, en s’autorisant à mentir, de ruiner la confiance nécessaire entre les interlocuteurs. La prohibition du mensonge est donc absolue c’est donc un commandement de la raison sacré, absolument impératif et que ne peut limiter aucune convenance que d’être véridique honnête dans toutes ses affirmations [18] ». Cela vaut toujours, en toute circonstance, même s’il en résulte un dommage pour autrui en réalité tout homme n’a pas seulement un droit à la véracité, mais il en a même le devoir le plus strict dans les déclarations qu’il ne peut éviter, même si cette véracité peut lui nuire ou nuire à un autre. Ce n’est donc pas proprement lui-même qui nuit à celui qui en subit les conséquences, mais c’est un accident qui est la cause de ce dommage. Car ici il n’est pas libre de choisir, parce que la véracité s’il est obligé de parler est un devoir absolu [19] ». En outre, la thèse de Benjamin Constant recèle une difficulté la société, l’humanité devraient-elles être divisées entre ceux qui ont droit à la vérité et ceux qui n’y ont pas droit ? Et si tel est le cas, à qui appartiendra-t-il le soin d’opérer cette division ? Comment éviter que celui à qui, en raison des circonstances, il en coûte de dire la vérité, ne s’exonère trop facilement de ce devoir ? Par conséquent, le “philosophe allemand” n’acceptera donc pas comme principe la proposition que “dire la vérité n’est un devoir qu’envers ceux qui ont droit à la vérité” ; en premier lieu, parce que sa formulation est imprécise dans la mesure où la vérité n’est pas un bien qu’on possède et sur lequel un droit serait reconnu à l’un tandis qu’il serait refusé à l’autre ; ensuite et avant tout, parce que le devoir de véracité en tant qu’il n’est question ici que de lui ne fait aucune distinction entre les personnes à l’égard de qui on pourrait avoir ce devoir et celles à l’égard de qui on pourrait aussi s’en dispenser, mais constitue un devoir absolu dont la validité s’étend à toutes les relations [20]. »Le mensonge inévitable9L’interdiction rigoureuse du mensonge jusque dans les occasions où il apparaîtrait le plus inévitable, représentée par Augustin, Thomas d’Aquin et Kant, n’est cependant pas l’objet d’un consensus. Soumettons-la à une critique, d’abord externe, par la considération d’autres auteurs, puis interne, par les autolimitations de leurs doctrines. 10On aurait tort de penser que les Pères soient unanimes autour de la position de saint Augustin. Une autre tradition existe, de Pères miséricordieux » Clément d’Alexandrie, Origène, Jean Chrysostome, Cassien, Hilaire, ce dernier écrivant par exemple il arrive que le respect scrupuleux de la vérité soit difficile ; en certaines circonstances, le mensonge devient nécessaire et la fausseté utile ; ainsi nous mentons pour cacher un homme à quelqu’un qui veut le frapper, pour ne pas donner un témoignage qui ferait condamner un innocent, pour rassurer un malade sur sa guérison [21] ».Arthur Schopenhauer et le mensonge comme légitime défense11Dans les derniers siècles, surtout, se sont multipliées des prises de position en faveur du caractère inévitable, voire nécessaire, du mensonge dans certains cas spéciaux. Schopenhauer caractérise ainsi la nocivité du mensonge si le mensonge est illégitime, c’est pour cette unique raison, et par suite à condition qu’il soit un instrument de tromperie, qu’il serve à violenter les gens à l’aide de la loi des motifs. Or c’est ce qu’il fait ordinairement [22] ». Si le mensonge est violence, il lui emprunte sa qualification morale. Or l’usage de la force n’est pas toujours injuste il existe une légitime défense qui peut y recourir. Par conséquent, le mensonge est possible et nécessaire dans les cas où, analogiquement, la violence serait permise puisque je peux, sans injustice, donc de plein droit, repousser la violence par la violence, je peux de même, si la force me fait défaut, ou bien, si elle ne me semble pas aussi bien de mise, recourir à la ruse. Donc, dans les cas où j’ai le droit d’en appeler à la force, j’ai droit d’en appeler au mensonge également ainsi contre des brigands, contre des malfaiteurs de n’importe quelle espèce ; et de les attirer dans un piège. Et de même une promesse arrachée de force ne lie point. Mais en réalité le droit de mentir va plus loin encore ce droit m’appartient contre toute question que j’ai n’ai pas autorisée, et qui concerne ma personne ou celle des miens une telle question est indiscrète ; ce n’est pas seulement en y répondant, c’est même en l’écartant avec un “je n’ai rien à dire”, formule déjà suffisante pour éveiller le soupçon, que je m’exposerais à un danger. Le mensonge en de tels cas est l’arme défensive légitime, contre une curiosité dont les motifs d’ordinaire ne sont pas bienveillants [23] ». À l’égard de l’indiscret, je suis en droit de me débarrasser de lui par un mensonge, à ses risques et périls, dût-il en résulter pour lui quelque erreur dommageable. En pareille occasion, le mensonge est l’unique moyen de me protéger contre une curiosité indiscrète et soupçonneuse je suis dans le cas de légitime défense [24]. » Schopenhauer en appelle au réalisme de l’expérience quotidienne pour récuser l’intransigeance kantienne il y voit une exigence de vérité, suggérant ainsi qu’une prohibition théoriquement absolue du mensonge au nom d’un impérieux devoir de vérité risquerait fort de n’être qu’hypocrisie démentie par d’inévitables entorses pratiques au principe ainsi révéré et proclamé. Mieux vaudrait alors délimiter soigneusement mais, partant, reconnaître les occasions légitimes de mensonge tel est l’unique moyen de faire cesser cette contradiction choquante entre la morale telle qu’on la professe, et la morale telle qu’on la pratique tous les jours, même parmi les hommes les plus sincères et les meilleurs [25] ». 12La consistance éthique de cette analogie avec la légitime défense et de cette thèse de l’autoprotection du menteur reste bien faible en regard des impératifs, tant individuels que sociaux, de droiture et de vérité mis en valeur par les auteurs de la ligne Jankélévitch et le mensonge-par-amour13La réflexion de Vladimir Jankélévitch sur la sincérité constitue une objection plus troublante à la prohibition universelle du mensonge. Elle soutient, comme attitude éthique de fond, la préférence pour l’autre, surtout en sa faiblesse, et par conséquent le primat de l’amour d’autrui sur la préservation puriste de ma propre véracité. Le propos est étayé par deux exemples, déjà évoqués par saint Augustin faut-il dire la vérité, d’une part au malade qui va mourir et, d’autre part, à ceux qui pourchassent, pour le tuer, celui qui s’est réfugié chez moi ? Quant au premier cas, Jankélévitch affirme il ne faut pas que les hommes pauvres et seuls aient de la peine, ceci est plus important que tout et même que la vérité. Il ne faut pas faire de la peine au mourant, fût-ce au prix d’une entorse à la vérité ; non, il ne faut pas dire la vérité au mourant. … Le mensonge-par-amour qui est survérité est paradoxalement plus vrai que la vérité vraie ; la vérité pneumatique du mensonge d’amour est plus vraie que la vérité grammatique de la vérité pure et simple. C’est la vérité pure et simple qui est dans bien des cas un mensonge. Un sage qui ment par bonté est donc plus profondément véridique qu’un sophiste qui dit la vérité par méchanceté ! … Le Numquam augustinien est donc bien trop simpliste et sommaire pour la complexité innombrable de ces situations impures en vue desquelles Pascal avait imaginé l’esprit de finesse. … Malheur aux brutes qui disent toujours la vérité ! Malheur à ceux qui n’ont jamais menti ! [26] ». Bien sûr, Jankélévitch ne fait aucune apologie du mensonge ; il maintient qu’il faut toujours répugner à en user, mais observe que la préservation des valeurs supérieures le rendent, de fait, parfois inévitable et nécessaire, en sorte qu’à défaut de le vouloir en vraie liberté de choix, il faut se résigner à y consentir malgré soi celui qui n’admet pas le principe du mensonge admettra en fait le fait du mensonge, par cette bonne raison que la créature ne fait que ce qui est possible. La volonté antécédente et platonique qui veut théoriquement la vérité, qui veut la vérité-un-point-c’est-tout, cette volonté devient dans un monde ataxique et douloureux la volonté conséquente du mensonge nécessaire, nécessaire à la manifestation d’une vérité plus profonde et plus générale. Mais bien entendu elle ne veut pas le mensonge positivement ni directement ni transitivement elle le veut sans le vouloir expressément ; elle le veut avec répugnance, non pas d’une volonté “ambivalente” et déchirée, mais d’une nolonté voulante, et pour ainsi dire la mort dans l’âme et à son corps défendant ; elle le veut en le maudissant, et comme on veut un moindre mal ; et elle vomit ce qu’elle veut ; car elle veut à travers lui autre chose dont il est le chemin elle s’en sert donc comme d’un médiateur ; son intention vise au-delà, plus haut et plus loin. Celui qui veut sincèrement la vérité … consent … au mensonge, ou tout simplement s’y résigne [27] ». À l’argument du primat de l’amour de l’autre sur la véracité propre vient donc s’ajouter ici la thèse du mensonge comme moindre mal. 14Dans le deuxième exemple – celui du réfugié dont on me presse de trahir la présence –, Jankélévitch dépasse la reconnaissance d’un droit au mensonge, pour l’ériger en un strict devoir moral Mentir aux policiers allemands qui nous demandent si nous cachons chez nous un patriote, ce n’est pas mentir, c’est dire la vérité ; répondre il n’y a personne, quand il y a quelqu’un, c’est le plus sacré des devoirs. Celui qui dit la vérité au policier allemand est un menteur. Celui qui dit la vérité au policier allemand est lui-même un policier allemand. Celui qui dit la vérité aux ennemis de l’homme est lui-même un ennemi de l’homme ; il est comme le scrupuleux qui, pardonnant les crimes contre l’humanité, met la loi morale en contradiction avec elle-même. Non, les bourreaux d’Auschwitz et les pendeurs de Tulle ne méritent pas qu’on leur dise la vérité, cette vérité qu’on prétend leur dire n’est pas faite pour eux. Les scrupuleux, en ces matières, sont les complices des pendeurs. Mieux vaut user des mêmes armes que travailler au même but [28]. »André Comte-Sponville et le devoir de mensonge de bonne foi15André Comte-Sponville va dans le même sens. Il préfère louer la bonne foi plutôt que la sincérité. Il les distingue ainsi Être sincère, c’est ne pas mentir à autrui ; être de bonne foi, c’est ne mentir ni à autrui ni à soi. … La bonne foi est une sincérité à la fois transitive et réflexive. Elle règle, ou elle devrait régler, nos rapports à autrui aussi bien qu’à nous-même [29]. » Le mensonge est ainsi envisagé non seulement par rapport à l’autre mais aussi, à l’instar d’Augustin, de Thomas d’Aquin et de Kant, par rapport à soi-même. Cette vertu de bonne foi possède un statut original, à la fois d’incomplétude et de généralité ; elle n’est pas complète ou suffisante car elle peut accompagner l’immoralité, telle que la méchanceté on peut être un salaud sincère », un nazi de bonne foi ». En revanche, elle est nécessaire à toute autre vertu Aucune vertu n’est vraie, ou n’est vraiment vertueuse, sans cette vertu de vérité. Vertu sans bonne foi c’est mauvaise foi, et ce n’est pas vertu [30]. » La vérité n’a pas besoin d’être qualifiée par d’autres vertus, alors que toute vertu demande à être vraie. Elle doit être aimée pour elle-même. Fidélité au vrai d’abord mieux vaut une vraie tristesse qu’une fausse joie [31]. » Pour Comte-Sponville, comme pour Jankélévitch, il y a des cas où le mensonge est nécessaire comme un moindre mal il faut parfois se contenter du moindre mal, et le mensonge peut en être un [32] ». Mais il en étend la possibilité hors des nécessités de l’amour pour autrui S’il faut mentir pour survivre, ou pour résister à la barbarie ou pour sauver celui qu’on aime, qu’on doit aimer, nul doute pour moi qu’il faille mentir, quand il n’y a pas d’autre moyen, ou quand tous les autres moyens seraient pires [33]. » Ce devoir de mentir, nonobstant le fait que mentir reste un mal mais un mal ici nécessaire comme le moindre, est imposé contre la thèse de Kant par le devoir de préférer autrui à soi Qu’est-ce que cette vertu si soucieuse de soi, de sa petite intégrité, de sa petite dignité, qu’elle est prête, pour se préserver, à livrer un innocent à des assassins ? Qu’est-ce que ce devoir sans prudence, sans compassion, sans charité ? Le mensonge est une faute ? Sans doute. Mais la sécheresse de cœur aussi, et plus grave ! La véracité est un devoir ? Soit. Mais l’assistance à personne en danger en est un autre, et plus pressant. Malheur à celui qui préfère sa conscience à son prochain [34]. » En accord avec Jankélévitch, Comte-Sponville écrit donc Vous abritez un Juif ou un Résistant dans votre grenier. La Gestapo, qui le cherche, vous interroge. Allez-vous dire la vérité ? Allez-vous ce qui reviendrait au même refuser de répondre ? Bien sûr que non ! Tout homme d’honneur, tout homme de cœur, et même tout homme de devoir, se sentira non seulement autorisé mais tenu de mentir [35]. » De même que Jankélévitch vitupérait contre le purisme et le vérisme, il ajoute À faire de la bonne foi un absolu on la perd, puisqu’elle n’est plus bonne, puisqu’elle n’est plus que véracité desséchée, mortifère, haïssable. Ce n’est plus bonne foi, c’est véridisme ; ce n’est plus vertu, c’est fanatisme. Fanatisme théorique, désincarné, abstrait fanatisme de philosophe, qui aime la vérité à la folie. Mais aucune folie n’est bonne. Mais aucun fanatisme n’est vertueux [36]. » Mais, dans l’exemple du mensonge à opposer à la Gestapo, contre Jankélévitch, il note que cela ne deviendrait pas du même coup dire la vérité, mais resterait un mensonge, simplement préférable à toute autre voie et du coup nécessaire, un mensonge qui laisserait intact notre attachement intérieur à la vérité, un mensonge de bonne foi S’il est légitime de mentir au méchant, par exemple quand notre vie est en jeu, ce n’est pas que nous nous mettions alors plus haut que la vérité, puisque cela ne nous empêche en rien de l’aimer, de la respecter, de nous y soumettre au moins intérieurement. C’est au nom de ce que l’on croit vrai, même, qu’on ment à l’assassin ou au barbare, et ce sont mensonges, en ce sens, de bonne foi [37]. » 16Faut-il dire la vérité au mourant ? Comte-Sponville récuse assurément Kant qui répondrait qu’il le faut toujours, mais non moins Jankélévitch qui considère qu’il ne le faut jamais. Entre toujours et jamais, il y a place pour le discernement du respect à apporter à l’amour que le mourant lui-même porte à la vérité. Comte-Sponville conclut Il faut donc dire la vérité, ou le plus de vérité possible, puisque la vérité est une valeur, puisque la sincérité est une vertu ; mais pas toujours, mais pas à n’importe qui, mais pas à n’importe quel prix, mais pas n’importe comment ! Il faut dire la vérité autant qu’on peut, ou autant qu’on doit, disons autant qu’on peut le faire sans manquer par là à quelque vertu plus haute ou plus urgente [38]. » La préférence de l’autre à ma propre véracité autorise et impose donc le mensonge, opposé à la sincérité transitive. Mais, pour autant, nulle entorse à la sincérité réflexive, à la sincérité envers soi-même, à la bonne foi, n’est légitime, car ce serait se mettre soi plus haut que la vérité ». Il ne s’agit pas, en définitive, de préférer la vérité à l’amour ou l’amour à la vérité. L’amour prévaut, certes, mais pour autant seulement qu’il est vrai [39] ». Le philosophe, au sens le plus fort et le plus ordinaire du terme, sait que la vérité sans la charité n’est pas Dieu. Mais il sait aussi, ou il croit savoir, que la charité sans la vérité n’est qu’un mensonge parmi d’autres, et n’est pas la charité [40]. »Les limites de l’interdiction17Après les critiques externes que nous avons recensées de la thèse d’une interdiction morale absolue et universelle du mensonge, il convient de considérer les nuances, voire les limitations que les trois auteurs emblématiques que sont Augustin, Thomas d’Aquin et Kant apportent eux-mêmes à la rigueur de leur position. Saint Thomas, on l’a vu, estime que le mensonge comporte un désordre intrinsèque qui empêche donc toujours de le choisir comme moyen, même pour soustraire quelqu’un à n’importe quel danger [41]. Il ajoute cependant quoi qu’il soit permis de dissimuler prudemment la vérité, dit saint Augustin. » Saint Thomas n’en dit pas plus ici sur cette fameuse dissimulation prudente de la vérité. Il vaut donc la peine de recourir au De mendacio de saint Augustin qui inspire cette prise de position Dans tous nos actes, ce qui trouble le plus, même les gens de bien, ce sont les péchés où le mal et le bien se balancent ; on va jusqu’à ne pas les prendre pour des péchés si on a de telles raisons de les faire qu’on semblerait plutôt pécher, si on ne les faisait pas. Et ce principe a prévalu dans l’opinion des hommes, surtout au sujet des mensonges. On ne les juge plus des péchés, bien plus, on les croit de bonnes actions, quand on ment par utilité, en faveur de quelqu’un qui a intérêt à être trompé ou quand le mensonge est le seul recours pour empêcher quelqu’un qui paraît sur le point de nuire à d’autres, de leur faire du mal. Pour justifier les mensonges de cette catégorie, on sort, en leur faveur, de nombreux exemples tirés des saintes Écritures. Or, cacher la vérité n’est pas la même chose que proférer un mensonge. Bien que tout homme qui ment veuille cacher le vrai, pourtant tout homme qui veut cacher le vrai ne ment pas. Souvent, en effet, nous cachons la vérité non par le mensonge, mais par le silence [42]. » Et saint Augustin de conclure mentir ce n’est donc pas cacher le vrai en se taisant ; c’est exprimer le faux en parlant [43]. » On a ici en germe la théorie de la restriction mentale. 18Le problème est que, ainsi que doit le reconnaître ailleurs le même saint Augustin, le silence ne signifie pas toujours neutralité et possède parfois une éloquence plus grande que toute parole. Dans l’exemple du réfugié, il affirme ainsi on se trouve parfois, il est vrai, dans une situation critique. On ne nous demande pas où se trouve cet homme qu’on cherche. On ne nous met pas en demeure de le livrer et il est si bien caché qu’on ne peut facilement le découvrir sans trahison. On nous demande seulement est-il oui ou non à tel endroit ? Si nous savons qu’il y est et que nous nous taisons, notre silence le livre. Nous le livrons de même en répondant que nous n’avons pas à dire s’il y est ou s’il n’y est pas. Car l’enquêteur conclut de notre attitude à sa présence [44]. » Voilà qui est finement observé au sujet de la porosité de frontière entre parole et silence. Malheureusement, la suite, toute révérence gardée, prête à perplexité Si donc vous ignorez où est l’homme, vous n’avez aucune raison de cacher la vérité et vous devez avouer votre ignorance. Mais si vous connaissez l’endroit de sa retraite, que ce soit l’endroit où on le cherche ou un autre, gardez-vous bien de dire quand on vous demande Est-il là où non ? je n’ai rien à dire ; dites simplement Je sais où il est, mais je ne vous l’indiquerai pas [45]. » Augustin n’ose pas encore franchir ici la ligne de possibilité d’un mensonge et préfère donner un conseil d’héroïsme pour des chrétiens disposés au martyre. 19Dans La Doctrine de la vertu, au sein de la Métaphysique des mœurs, Kant confirme sa condamnation sans appel du mensonge. Il ne résout pourtant pas les questions dites casuistiques qu’il soulève Peut-on tenir pour mensonge une contre-vérité émise par simple politesse par exemple je suis votre très obéissant serviteur à la fin d’une lettre ? Personne n’est trompé par là. Un auteur demande à l’un de ses lecteurs comment trouvez-vous mon œuvre ? On pourrait bien donner une réponse illusoire en se moquant de ce qu’une telle question a d’embarrassant, mais qui a toujours prêt un mot d’esprit ? La moindre hésitation à répondre est déjà une humiliation pour l’auteur, le lecteur peut-il donc lui parler selon son cœur ? [46] » 20Il est enfin un passage étonnant, au sein même du De mendacio, apparemment en complète dissonance, voire en contradiction, avec la ligne sévère constante de saint Augustin il y admet en effet explicitement une exception à l’interdiction du mensonge, à savoir le cas où je pourrais empêcher par mon péché, en l’occurrence de mensonge, la souillure d’autrui. Peu importe ici que l’exception soit petite ou rare ; l’important est qu’elle soit, démentant alors l’universalité de la prohibition quant aux péchés qui sont commis sur un homme de manière à le rendre immonde, nous devrions les empêcher, fût-ce au prix de nos péchés. Car on ne saurait appeler péchés les actes qu’on accomplit pour éviter une telle souillure. Tout acte, en effet, qu’on jugerait blâmable, si on ne l’accomplissait pas, n’est pas un péché. Il résulte de là qu’il ne faut pas l’appeler souillure, la souillure qu’on n’a aucun pouvoir d’empêcher. … Rien de ce qu’il eût fait pour y échapper n’aurait été péché. Donc quiconque ment pour cela ne pèche pas [47]. » Selon le même principe on cherche quelqu’un pour attenter à sa pudeur. Supposons qu’il soit possible de le cacher grâce à un mensonge ; qui osera dire que, même dans ce cas, il ne faut pas mentir ? [48] » Indépendamment des difficultés à concilier ces affirmations avec le reste de l’ouvrage, un principe intéressant et large est ici invoqué Tout acte qu’on jugerait blâmable, si on ne l’accomplissait pas, n’est pas un péché. » Il ne s’agit plus ici d’avancer que l’acte du mensonge serait de soi et toujours un péché. Au contraire quiconque ment pour cela ne pèche pas. » Si le mensonge est intrinsèquement mauvais, comme semble le dire tout le reste de l’ouvrage, comment en cette situation déterminée son acte peut-il n’être pas peccamineux ? Quoi qu’il en soit des problèmes de cohérence dans la pensée d’Augustin, il semble bien que celui-ci justifie, à titre exceptionnel certes, un mensonge par son motif et par l’intention du menteur, louable parce qu’il serait blâmable de ne pas y recourir. 21Que peut-on conclure de cette enquête auprès d’Augustin, de Thomas d’Aquin et de Kant, comme des critiques, externes et internes, de leur interdiction absolue du mensonge ? Le mérite de cette thèse intransigeante est de ne pas contraindre le point de vue éthique par le seul critère de l’utilité et de considérer le devoir de vérité non seulement comme un devoir vis-à-vis d’autrui, mais aussi de sa conscience propre, de l’humanité comme telle, commune à ma personne et à toute autre, et de Dieu. Ses points faibles ne manquent pas non plus d’apparaître le plus évident est l’insurrection du bon sens dans ces circonstances où on voudrait bien ne pas mentir, mais où l’on perçoit qu’on ne pourrait pas le refuser sans un dommage moral plus grand. De plus, si l’on peut sans trop de peine admettre la supériorité du bien de l’âme sur celui du corps, mise en avant par Augustin, on aimerait qu’il considérât mieux la transformation du point de vue lorsqu’il s’agit de comparer mon bien, même quant à l’âme, et le bien d’autrui de quel amour procède l’intransigeance à sauvegarder ma véracité ? amour de la » vérité ? amour de ma » vérité ? amour de mon ego, au travers du purisme et du vérisme dans lesquels je me complais ? Si ces auteurs ont le mérite de ne pas réduire le mensonge au relationnel, ne risquent-ils pas d’avoir le tort de réduire le relationnel dans leur considération du mensonge ? Il apparaît d’ailleurs que même les tenants de cette ligne sévère admettent que n’est pas mensongère la formule convenue dont personne ne doit être dupe, preuve que le discours nu, indépendamment des intentions des interlocuteurs, ne saurait être qualifié éthiquement de mensonge. 22La philosophie du langage confirme et complète d’ailleurs cette considération. Pour reprendre des exemples célèbres d’Austin, l’actuel roi de France est chauve » est une proposition qui n’est pas plus fausse qu’elle n’est vraie, puisque ne règne actuellement aucun roi en France [49], et il y a un taureau dans le champ » n’a pas du tout le même sens selon que je vous la dis alors que vous êtes dans le champ ou alors que nous contemplons ensemble un tableau dans un musée [50]. Par ailleurs, tout le monde convient que toute vérité n’est pas bonne à dire, qu’il faut parfois la taire, que l’on ne peut pas simplement décréter que dire la vérité est vertueux et que ne pas la dire est peccamineux on peut dire la vérité avec une intention haineuse, hautement peccamineuse, et la taire par amour. De cela, tant Augustin que Thomas d’Aquin conviennent ou conviendraient. Seulement, on ne peut pas toujours se taire alors qu’on le voudrait et l’on doit parfois parler alors qu’on voudrait se taire. Si le silence peut avoir valeur de parole – on peut trahir un secret par le seul silence –, ne faut-il pas convenir aussi que la parole peut avoir valeur de silence, qu’elle peut être l’unique recours pour voiler la vérité à taire ? La thèse antique et médiévale de la naturalité du signe du langage, censée justifier le désordre intrinsèque de la parole mensongère, pèse peu ici en regard des enjeux proprement éthiques n’est-il pas clair que le résistant torturé pour livrer les noms des membres de son réseau doit faire tout son possible pour protéger la vie de ceux-ci, y compris par de faux renseignements qui pourront ménager le délai nécessaire à leur fuite ? L’inéluctabilité du recours au mensonge dans certains cas extrêmes a-t-elle besoin, comme justification, d’une analogie avec la légitime défense, selon la perspective de Schopenhauer, de l’affirmation d’un primat de l’amour sur la vérité, comme le proclame Jankélévitch, ou du principe du moindre mal, selon le même auteur ainsi que Comte-Sponville ? 23Ces explications partielles, nonobstant leur part de pertinence, ouvrent la porte à une légitimité d’un mensonge dont la malice morale devient difficile à situer, dès lors qu’elle vaut généralement, dans la plupart des cas, mais pas toujours ni en soi. Il existe un autre moyen de rendre compte à la fois de l’interdiction éthique du mensonge et de la légitimité pratique d’un discours intentionnellement inexact l’impact des obstacles au volontaire sur l’imputabilité de l’acte. Comme l’explique saint Thomas d’Aquin, nul n’est responsable moralement de ce à quoi il est contraint par la violence [51]. Le mensonge peut bien être en soi moralement condamnable sans être toujours concrètement blâmable, dès lors que la présupposition de liberté de l’acte de parole se trouve contredite là où la liberté souffre contradiction, la diction est exonérée de ses règles habituelles de vérité. Le nombre de ces cas n’est pas si rare la densité de la violence que portent nos sociétés doit en effet prendre en compte bien des violences latentes, sournoises, inaperçues des pressions, des harcèlements, des chantages. Cette explication suffit peut-être à guider l’attitude de celui qui doit protéger la vie du réfugié que l’on pourchasse. Elle ne saurait pourtant, sans extension indue, résoudre le cas, difficile et douloureux, de la parole à adresser à un malade inquiet, de la protection du secret contre une question indiscrète, de la gradualité dans l’accompagnement d’une conscience à éclairer. Ne jamais parler contre la vérité mais la taire quand on ne peut pas la dire constitue une règle toujours souhaitable mais parfois apparemment impossible, du moins si l’on ne considère de la vérité que l’exactitude objective et factuelle. L’échange de parole, qui est une modalité mais qui n’est qu’une modalité de la communication entre deux personnes, demande à être investi de la vérité plus haute, et proprement éthique, de celles-ci. Etre vrai dans le dialogue avec autrui suppose le fin discernement de ce qu’il entendra, de ce qu’il recevra de ce que je pourrai dire. C’est ainsi que je pourrai, selon le code de la confiance qui nous lie, savoir quoi dire et comment dire pour être vrai à son égard, dans le respect de nos personnes et du vrai bien, dans l’amour de la vérité et la vérité de l’amour. 24En tant que chrétiens, n’avons-nous pas pourtant un appel à une perfection plus grande que celle des scribes et des pharisiens, une exigence plus impérieuse envers le courage de la fidélité », selon la belle expression de Jankélévitch ? Certes, et le philosophe est ici précieux, il faut craindre l’arrogance du purisme qui blâme chez autrui, avec trop de hâte, trop de facilité et trop de dureté, les compromis ou les capitulations auxquels sa volonté se résigne ou contre lesquels elle proteste même, alors même que nous ne somme pas assurés de faire mieux en pareille circonstance. Pour autant, quant à sa propre conduite personnelle, ne faut-il pas désirer présenter cette force de Socrate, de Jean-Baptiste, de Thomas More, de tant de ceux de nos frères et sœurs qui ont su opposer une douce et humble obstination pour dire non à ceux qui voulaient leur imposer l’acquiescement à l’iniquité. Jésus, surtout, donne part à son Esprit de Vérité pour que ses disciples vivent ce qu’il leur commande, que leur oui soit oui et que leur non soit non, même au prix de leur propre vie. La victoire de la vérité a un prix le sang du Christ. La défaite du mensonge a un nom la croix du Christ. Ne pas mentir est souvent crucifiant. La question n’est pas de savoir si une bonne casuistique permettrait d’encenser l’illicéité du mensonge en lui tordant le cou en toute circonstance pressante, ni de brandir le doigt menaçant d’un interdit qui transformerait les misères subies en péchés de douteuse vénialité, mais d’inscrire la crucifixion du Verbe dans l’imprévu de notre existence humaine. Notes [1] V. Jankélévitch, Traité des vertus II, Les vertus et l’amour, vol. 1 Bordas, 1970, Flammarion, 1986, p. 182. [2] E. Kant, Métaphysique des mœurs, II. Doctrine de la vertu, 9. Deuxième section Du devoir de l’homme envers lui-même considéré uniquement comme être moral. I. Du mensonge VI, 431 ; Œuvres philosophiques, t. 3, Paris, Gallimard Pléiade, 1986, p. 718. [3] V. Jankélévitch, op. cit., p. 276 Le sincère diabolique qui dit le vrai pour nuire, et le dit non pas à son insu ou malgré lui, comme le menteur peu conscient ou le trompeur trompé qui a raison …, sans le vouloir, mais le dit exprès, sciemment, pour faire mal ce véridique malveillant est moralement un menteur, un menteur qui dit vrai, – car on peut … mentir en disant la vérité n’arrive-t-il pas que la vérité soit une calomnie ? tout comme on peut dire la vérité en mentant » ; vera dicunt quando mentiuntur », dit saint Augustin des Priscillanistes ; ou encore Loquuntur mendaciter vera ». [4] V. Jankélévitch, op. cit., p. 213. [5] Le De Mendacio 395 et le Contra Mendacium 420. [6] Saint Augustin, De Mendacio, III, 3 Œuvres de saint Augustin, Bibliothèque augustinienne, vol. 2, Paris, DDB, 1948, p. 243 [Abrégé en BA 2, 243]. [7] Ibid., V, 9 BA 2, 263. [8] Ibid., VI, 9 BA 2, 267. [9] Ibid., VII, 10 BA 2, 269. [10] Ibid., IX, 13 BA 2, 275. [11] II-II, Q. 110, a. 1, c. [12] II-II, Q. 110, a. 3, c. [13] Ibid., obj. 4. [14] Ibid., ad 4m. [15] Cité dans E. Kant, Sur un prétendu droit de mentir par humanité, VIII, 425, in Œuvres philosophiques, t. 3, Paris, Gallimard coll. Bibliothèque de la Pléiade », 1986, p. 435. [16] Ibid. [17] E. Kant, op. cit., VIII, 426, p. 436. [18] E. Kant, op. cit., VIII, 427, p. 438. [19] E. Kant, op. cit., VIII, 428, p. 439. [20] E. Kant, op. cit., VIII, 428-429, p. 439. [21] S. Hilarii episcopi Pictaviensis, Tractatus super Psalmos, Corpus Scriptorum Ecclesiastorum Latinorum, vol. 22, 1891, In Ps. XIV, 10, p. 91. [22] A. Schopenhauer, Le fondement de la morale, Paris, Livre de Poche no 4612, 1991, no 17 Première vertu la justice, p. 173. [23] Ibid., p. 174. [24] Ibid., p. 176. [25] Ibid., p. 176-177. [26] V. Jankélévitch, Traité des vertus, t. 2, vol. 2 Les vertus et l’amour, I, chap. III La sincérité, Paris, Flammarion, 1986, coll. Champs Flammarion », p. 249-251. [27] Ibid., p. 272. [28] Ibid., p. 283. [29] A. Comte-Sponville, Petit Traité des grandes vertus, Paris, puf, 1995, p. 257. [30] Ibid., p. 258. [31] Ibid., p. 261. [32] Ibid., p. 265. [33] Ibid., p. 264. [34] Ibid., p. 266-267. [35] Ibid., p. 267. [36] Ibid., p. 268. [37] Ibid., p. 272. [38] Ibid., p. 271. [39] Ibid., p. 275. [40] Ibid., p. 274. [41] II-II, Q. 110, a. 3, ad 4m. [42] Saint Augustin, Contra mendacium, X, 23 BA 2, 401-403. [43] Ibid. BA 2, 403. [44] Saint Augustin, De mendacio, XIII, 24 BA 2, 299. [45] Ibid. BA 2, 301. [46] E. Kant, Métaphysique des mœurs, II. Doctrine de la vertu, 9. Deuxième section Du devoir de l’homme envers lui-même considéré uniquement comme être moral. I. Du mensonge VI, 431 ; Œuvres philosophiques, t. 3, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade », 1986, p. 718. [47] Saint Augustin, De mendacio IX, 15 BA 2, 281-283. [48] Ibid., IX, 16 BA 2, 283. Certes, Augustin a souligné constamment que, pour aucun bien corporel ou temporel, pour soi comme pour autrui, il n’est possible d’aliéner le bien spirituel de la fidélité à la vérité ; on pourrait comprendre que, si la comparaison se faisait non plus entre un bien corporel et un bien spirituel mais entre deux biens spirituels, l’argument cédât en faveur de la préservation d’un bien spirituel supérieur. Il ne manque cependant pas d’affirmer par ailleurs que le viol, qui souille la victime corporellement, ne la salit pas moralement puisque sa volonté est contraire à l’acte qui lui est imposé. Quand il précise le sens de cet immonde » qui, imposé à autrui, peut justifier mon propre mensonge, il demeure dans le cadre d’une atteinte seulement corporelle si on l’arrose de fumier, si on verse des ordures dans sa bouche, si on les y fait pénétrer de force, si on le viole à la façon d’une femme, il inspire presque à tous une horreur physique. On l’appelle souillé et immonde » ; ibid., IX, 15 BA 2, 281. [49] J. L. Austin, Quand dire, c’est faire [How to do things with words], Paris, Seuil, 1970, p. 53 2e conférence. [50] Ibid., p. 63 3e conférence. [51] I-II, Q. 6, a. 5. TA PAROLE EST VERITE » La vérité vous fera libre ! Voilà une affirmation forte de Jésus Jn 8 32 ! En voici une autre Sanctifie-les par ta vérité ; ta Parole est la vérité » Jn 17 17. Que dit la Bible sur la recherche de la vérité ? Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants marchent dans la vérité. » 3 Jn 1 4. Voilà une phrase qui en dit long sur ce que l’apôtre Jean considérait comme essentiel. La recherche de la vérité, en matière religieuse donne lieu en effet a bien des fausses pistes » pour ceux et celles qui, délaissant les enseignements bibliques, préfèrent se hasarder dans les méandres de la pensée des philosophes. La pensée humaine, finie par définition, n’est pas en mesure de cerner toute la vérité, d’autant plus si elle décide d’évacuer la révélation divine pour suivre plutôt les théories des sages » de ce monde. Nombreuses sont les affirmations de Jésus identifiant à des Paroles de vérité » les enseignements des Ecritures hébraïques. Jean 17 17 Ta Parole est vérité » et Jean 8 32 La vérité vous fera libre » sont parmi les plus connues, mais si nous relisons les évangiles nous découvrirons encore plusieurs paroles de Jésus allant dans le même sens. Le commun dénominateur de ces déclarations permet de dégager deux axes majeurs de la pensée de Jésus à ce sujet la vérité est communiquée et la vérité est d’une importance capitale. La vérité est communiquée. C’est une évidence. Jésus pouvait dire avec raison Je leur ai donné ta parole» Jn 17 8. Et il pouvait encore affirmer à bon droit devant Pilate qu’il était venu pour rendre témoignage à la vérité » Jn 18 37. En fait Jésus souligne une évidence Dieu a créé toutes choses par sa Parole Dieu dit… » dans la Genèse. C’est un Dieu qui parle, qui communique. La vérité est communiquée, c’est un fait incontestable. La vérité est d’une importance capitale. Oui, l’homme a besoin des Paroles de vie ». Ces dernières sont essentielles pour notre salut. L’amour de la vérité est d’une importance vitale à cet égard 2Thess. 2 10-12. La vérité est également indispensable à l’homme pour favoriser sa croissance dans le processus de sanctification. C’est aussi, tout simplement, le merveilleux conducteur de l’art de vivre, ainsi qu’en témoigne le texte évangélique dit des Béatitudes », célébrant comme Heureux » les adeptes de la vérité. Enfin, ne l’oublions pas, la vérité est le moteur indispensable de notre enseignement et de notre service dans l’église. Conclusion ? Elle s’impose puisque la vérité est dans la Parole de Dieu, lisons cette dernière, méditons-la et appliquons-la. Nous deviendrons ainsi être ces enfants qui marchent dans la vérité » tels que les souhaitait l’apôtre Jean. Pasteur William Clayton To add entries to your own vocabulary, become a member of Reverso community or login if you are already a member. It's easy and only takes a few seconds "toute vérité n'est pas bonne" examples and translations in context Toute vérité n'est pas bonne à dire. There can be too much truth in any relationship. Toute vérité n'est pas bonne à dire. Not all truths should be spoken. Toute vérité n'est pas bonne à dire. Not every truth is fit to be told. Toute vérité n'est pas bonne à dire. It was all I could think of to say. Toute vérité n'est pas bonne à dire, mais souvent elle est difficile à entendre. It may not always be a good thing to tell the truth, but it is more often hard to hear it. Toute vérité n'est pas bonne à dire. The truth is sometimes best left unsaid. See how “toute vérité n'est pas bonne” is translated from Französisch to Englisch with more examples in context ARTICLE D’ÉTUDE 28 Reste attaché aux choses que tu as apprises et dont on t’a convaincu » 2 TIM. 314. CANTIQUE 56 Vis la vérité ! APERÇU* 1. Qu’entendons-​nous par l’expression la vérité » ? COMMENT as-​tu connu la vérité ? » As-​tu été élevé dans la vérité ? » Depuis combien de temps es-​tu dans la vérité ? » On t’a sans doute déjà posé ce genre de questions. Ou peut-être que tu les as toi-​même posées à d’autres. Mais qu’entendons-​nous par l’expression la vérité » ? Généralement, nous l’utilisons pour parler de nos croyances, du culte que nous rendons à Dieu ou de notre mode de vie. Ceux qui sont dans la vérité » savent ce que la Bible enseigne et vivent en accord avec ses principes. Ils sont donc délivrés des mensonges religieux, et ils mènent la meilleure vie que des humains imparfaits puissent avoir Jean 832. 2. D’après Jean 1334, 35, qu’est-​ce qui peut attirer en premier une personne à la vérité ? 2 Qu’est-​ce qui t’a attiré en premier à la vérité ? Peut-être la belle conduite des serviteurs de Jéhovah 1 Pierre 212. Ou peut-être l’amour qu’ils manifestent aux autres. Beaucoup de ceux qui ont assisté pour la première fois à une de nos réunions ont remarqué cet amour, et cela les a davantage marqués que tout ce qui a été dit depuis l’estrade. Ce n’est pas surprenant, car Jésus a expliqué que c’est à l’amour que ses disciples auraient les uns pour les autres qu’on les reconnaîtrait lire Jean 1334, 35. Mais pour que notre foi soit forte, il ne nous suffit pas d’être touchés par l’amour que nous observons dans le peuple de Dieu. 3. Que pourrait-​il arriver si notre foi en Dieu était uniquement basée sur l’amour que nos frères et sœurs manifestent ? 3 Notre foi ne doit pas être uniquement basée sur l’amour qui règne dans l’assemblée chrétienne. Pourquoi ? Imagine qu’un de tes compagnons, peut-être même un ancien ou un pionnier, commette un péché grave. Ou bien qu’un frère ou une sœur te blesse d’une manière ou d’une autre. Ou encore que quelqu’un devienne un apostat et affirme que nous ne sommes pas dans la vérité. Si une chose de ce genre se produisait, cela t’amènerait-​il à arrêter de servir Jéhovah ? En fait, si ta foi était basée sur la façon dont certains se comportent plutôt que sur ta relation avec Jéhovah lui-​même, elle ne serait pas solide. Pour la bâtir, tu dois utiliser non seulement des matériaux souples, comme les sentiments et les émotions, mais aussi des matériaux solides, comme des faits et des raisonnements logiques. Tu dois vérifier personnellement » que la Bible contient la vérité sur Jéhovah Rom. 122. 4. D’après Matthieu 133-6, 20, 21, comment certains réagissent-​ils quand leur foi est mise à l’épreuve ? 4 Jésus a dit que certains accepteraient la vérité avec joie », mais que, quand leur foi serait éprouvée, elle s’affaiblirait grandement lire Matthieu 133-6, 20, 21. Ces personnes ne comprennent peut-être pas que suivre Jésus s’accompagne d’épreuves Mat. 1624. Ou alors elles pensent que les chrétiens sont protégés contre toute difficulté et ne connaissent que des bénédictions. Mais dans ce monde imparfait, nous rencontrons tous des problèmes. Notre situation peut changer, et notre joie peut alors diminuer pendant un temps Ps. 66 ; Eccl. 911. 5. De quelle façon la grande majorité de nos frères et sœurs montrent-​ils qu’ils ont la conviction d’être dans la vérité ? 5 La grande majorité de nos frères et sœurs montrent qu’ils ont la conviction d’être dans la vérité. De quelle façon ? Même si un de leurs compagnons les blesse ou se comporte d’une manière qui ne convient pas à des chrétiens, leur conviction ne s’affaiblit pas Ps. 119165. À chaque épreuve, leur foi devient plus forte, et non plus faible Jacq. 12-4. Comment peux-​tu cultiver une foi aussi solide ? ACQUIERS LA CONNAISSANCE EXACTE DE DIEU » 6. Sur quoi la foi des disciples du 1er siècle était-​elle basée ? 6 La foi des disciples du 1er siècle était basée sur leur connaissance des Écritures et sur les enseignements de Jésus, c’est-à-dire la vérité de la bonne nouvelle » Gal. 25. Cette vérité englobe tous les enseignements chrétiens, y compris celui de la rançon et de la résurrection. L’apôtre Paul était convaincu que ces enseignements étaient vrais. Comment le savons-​nous ? Il citait des passages’ des Écritures pour prouver qu’il fallait que le Christ souffre et qu’il ressuscite d’entre les morts’ Actes 172, 3. Les disciples du 1er siècle acceptaient ces enseignements et recherchaient l’aide de l’esprit saint pour comprendre la Parole de Dieu. Et ils vérifiaient personnellement que ce qu’on leur enseignait était fondé sur les Écritures Actes 1711, 12 ; Héb. 514. Leur foi n’était pas uniquement basée sur des sentiments ou des émotions. Et ils ne servaient pas Jéhovah simplement parce qu’ils se sentaient bien en compagnie des autres chrétiens. Leur foi était plutôt basée sur la connaissance exacte de Dieu » Col. 19, 10. 7. Comment notre foi dans les enseignements de la Bible nous aidera-​t-​elle ? 7 Les vérités de la Parole de Dieu ne changent pas Ps. 119160. Elles ne changent pas quand un de nos compagnons nous offense ou commet un péché grave. Et elles ne changent pas lorsque nous sommes confrontés à une épreuve. Il nous faut bien connaître les enseignements de la Bible et être convaincus qu’ils sont vrais. Une telle foi nous aidera à tenir bon face aux difficultés, tout comme une ancre peut stabiliser un bateau pendant une tempête. Comment peux-​tu renforcer ta conviction que tu es dans la vérité ? UTILISE TA RAISON » 8. Comme le montre 2 Timothée 314, 15, qu’est-​ce qui a convaincu Timothée qu’il était dans la vérité ? 8 Timothée était convaincu qu’il était dans la vérité. Comment était-​il arrivé à cette conclusion ? lire 2 Timothée 314, 15. Sa mère et sa grand-mère lui avaient fait connaître les enseignements des écrits sacrés ». Mais il avait sans aucun doute consacré de son côté du temps et de l’énergie à étudier ces écrits. Cela l’avait convaincu qu’ils contenaient la vérité. Par la suite, Timothée, sa mère et sa grand-mère ont découvert le christianisme. Timothée a sûrement été impressionné par l’amour des disciples de Jésus, et il avait le vif désir de passer du temps avec eux et de leur faire du bien Phil. 219, 20. Toutefois, sa foi n’était pas basée sur ce qu’il ressentait pour d’autres humains, mais sur des faits qui l’avaient rapproché de Dieu. Toi aussi, il te faut étudier la Bible et tirer de ton étude des conclusions logiques au sujet de Jéhovah. 9. Quelles vérités bibliques fondamentales dois-​tu vérifier personnellement ? 9 Pour commencer, tu dois vérifier personnellement au moins trois vérités fondamentales 1 Jéhovah est le Créateur de toutes choses Ex. 314, 15 ; Héb. 34 ; Rév. 411 ; 2 la Bible est le message que Dieu a fait mettre par écrit pour les humains 2 Tim. 316, 17 ; 3 Jéhovah a un groupe d’adorateurs organisé qui le sert sous la direction de Christ, et ce sont les Témoins de Jéhovah qui forment ce groupe Is. 4310-12 ; Jean 146 ; Actes 1514. Pour te convaincre de ces vérités, tu n’as pas besoin de devenir une encyclopédie biblique vivante, c’est-à-dire de tout savoir sur la Bible. Ton but doit être de te servir de ta raison » pour renforcer ta conviction que tu es dans la vérité Rom. 121. AIDE CEUX QUE TU ENSEIGNES À RAISONNER 10. En plus de connaître la vérité, que nous faut-​il être capables de faire ? 10 Une fois que tu crois fermement aux trois vérités dont nous venons de parler, il te faut être capable de les prouver aux autres à l’aide de la Bible. Pourquoi ? Parce qu’étant chrétiens, nous avons la responsabilité d’enseigner les vérités que nous avons apprises à ceux qui acceptent de nous écouter* 1 Tim. 416. De plus, à mesure que nous nous efforçons d’aider les autres à croire dans ces vérités, nous renforçons notre foi en elles. 11. Quel exemple l’apôtre Paul nous a-​t-​il laissé pour ce qui est d’enseigner ? 11 Quand l’apôtre Paul enseignait les autres, il se servait de la Loi de Moïse et des Prophètes » pour les persuader de croire en Jésus » Actes 2823. Comment l’imiter lorsque nous enseignons la vérité ? Nous devons faire plus que citer des faits. Nous devons aider nos étudiants à se rapprocher de Jéhovah en raisonnant sur la base de la Bible. Nous voulons qu’ils acceptent les enseignements bibliques, non parce qu’ils nous admirent, mais parce qu’ils ont vérifié personnellement que ce qu’ils apprennent est bien la vérité sur notre Dieu aimant. Parents, aidez vos enfants à développer une foi forte en leur enseignant les choses profondes de Dieu »* voir paragraphes 12-13. 12-13. Comment les parents peuvent-​ils aider leurs enfants à rester dans la vérité ? 12 Parents, vous voulez sans aucun doute que vos enfants restent dans la vérité. Vous vous dites peut-être que, s’ils ont de bonnes fréquentations dans l’assemblée, ils feront des progrès spirituels. Toutefois, pour qu’ils soient convaincus d’être dans la vérité, il ne leur suffit pas d’avoir des amis qui ont une bonne influence sur eux. Ils ont aussi besoin d’avoir une relation personnelle avec Dieu et d’être certains que ce que la Bible enseigne est vrai. 13 Pour enseigner à vos enfants la vérité sur Dieu, vous devez leur donner l’exemple en étant de bons étudiants de la Bible. Il vous faut prendre le temps de méditer sur ce que vous apprenez. Vous serez alors en mesure d’enseigner à vos enfants à faire la même chose. De plus, apprenez-​leur à se servir de nos outils bibliques, tout comme vous le feriez avec un étudiant de la Bible. De cette manière, vous les aiderez à aimer Jéhovah et à être reconnaissants à l’ esclave fidèle et avisé » qu’il utilise pour nous nourrir sur le plan spirituel Mat. 2445-47. Ne vous contentez pas d’enseigner à vos enfants les vérités bibliques fondamentales. Aidez-​les à développer une foi forte en leur enseignant les choses profondes de Dieu » tout en tenant compte de leur âge et de leurs capacités 1 Cor. 210. ÉTUDIE LES PROPHÉTIES BIBLIQUES 14. Pourquoi étudier les prophéties bibliques ? voir aussi l’encadré Pourrais-​tu expliquer ces prophéties ? ». 14 Les prophéties bibliques sont une partie importante de la Parole de Dieu ; elles nous aident à nous bâtir une foi solide en Jéhovah. Quelles prophéties fortifient ta foi ? Tu penses peut-être à celles qui concernent les derniers jours » 2 Tim. 31-5 ; Mat. 243, 7. Mais quelles autres prophéties peuvent renforcer ta foi ? Par exemple, peux-​tu expliquer comment celles contenues en Daniel chapitre 2 et chapitre 11 se sont accomplies et continuent de s’accomplir* ? Si ta foi est solidement basée sur la Bible, elle sera inébranlable. C’est ce qu’illustre l’exemple de nos frères qui ont été durement persécutés en Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ils ne comprenaient pas pleinement les prophéties sur les derniers jours, mais leur foi dans la Parole de Dieu était forte. Notre étude de la Bible ainsi que de ses prophéties peut nous aider à tenir bon face aux épreuves* voir paragraphes 15-17. 15-17. Comment l’étude de la Bible a-​t-​elle fortifié nos frères qui ont été persécutés par les nazis ? 15 Quand le parti nazi était au pouvoir en Allemagne, des milliers de nos frères et sœurs ont été envoyés dans des camps de concentration. Hitler et Himmler, le chef de la SS, détestaient les Témoins de Jéhovah. D’après une sœur, Himmler a un jour dit à un groupe de sœurs qui se trouvaient dans un camp de concentration Votre Jéhovah règne peut-être dans le ciel, mais sur terre, c’est nous qui dominons ! Nous allons voir qui tiendra le plus longtemps, vous ou nous. » Qu’est-​ce qui a permis aux serviteurs de Jéhovah de rester fidèles ? 16 Ces Étudiants de la Bible savaient que le royaume de Dieu avait commencé à régner en 1914. Ils n’ont donc pas été surpris de rencontrer une vive opposition. Mais ils étaient convaincus qu’aucun gouvernement humain ne pourrait empêcher Dieu d’accomplir son projet. Hitler ne pourrait pas faire disparaître le vrai culte ou établir un gouvernement plus puissant que le royaume de Dieu. Nos frères étaient certains que, d’une façon ou d’une autre, le règne d’Hitler prendrait fin. 17 Leur conviction était bien fondée. Le régime nazi n’a pas tardé à s’effondrer, et Himmler, l’homme qui avait dit Sur terre, c’est nous qui dominons ! », a été obligé de s’enfuir. C’est alors qu’il a rencontré frère Lübke, un ancien prisonnier qu’il a reconnu. Complètement démoralisé, il lui a demandé Eh bien, Étudiant de la Bible, que va-​t-​il se passer maintenant ? » Frère Lübke lui a expliqué que les Témoins savaient depuis le début que le régime nazi échouerait et que les serviteurs de Jéhovah seraient libérés. Himmler, qui avait précédemment tant de choses à dire sur les Témoins, n’a pas su quoi ajouter. Peu après, il s’est suicidé. La leçon ? Notre étude de la Bible ainsi que de ses prophéties peut nous aider à nous bâtir une foi inébranlable et à tenir bon face aux épreuves 2 Pierre 119-21. 18. Comme le montre Jean 667, 68, pourquoi avons-​nous besoin de la connaissance exacte » et d’un parfait discernement » ? 18 Chacun de nous doit agir avec amour ; cette qualité est la marque distinctive des vrais chrétiens. Mais nous avons aussi besoin de la connaissance exacte » et d’un parfait discernement » Phil. 19. Sinon, nous pourrions nous laisser emporter par tout vent d’enseignement, au moyen de la fourberie des hommes’, y compris de celle des apostats Éph. 414. Au 1er siècle, de nombreux disciples ont arrêté de suivre Jésus. Mais l’apôtre Pierre a exprimé sa ferme conviction que Jésus avait des paroles de vie éternelle » lire Jean 667, 68. Même si, à l’époque, il ne les comprenait pas toutes, il est resté fidèle parce qu’il avait discerné la vérité sur le Christ. Toi aussi, tu peux renforcer ta conviction que ce que la Bible enseigne est vrai. Alors ta foi restera forte quoi qu’il arrive, et tu aideras les autres à développer eux aussi une foi solide 2 Jean 1, 2. CANTIQUE 72 Annonçons la vérité du Royaume J’ai été récemment voir La Boussole d’Or » au cinéma, avec ma fille. Dès le début du film, une réplique expliquait qu’il ne faut pas dire la vérité aux gens. De suite, je me suis posé la question suivante et ci-dessus toute vérité est-elle bonne à dire ? D’autant que ma fille est sortie très déçue du cinéma, pestant contre le scénariste qui n’avait pas respecté la fin du livre. Forcément, dans le livre, la fin est peu glorieuse et triste. Le film, lui, finit sur une note d’ l’on regarde du côté des gouvernements, y en a-t-il un seul, qui dise la vérité aux gens ? Les hommes politiques, que ce soit avant une élection ou après, nous disent une chose en général, plus ou moins ce que nous voulons entendre ou ce que nous savons, car ça découle du bon sens et en font d’autres, pas toujours ouvertement. Comme exemple, je vais prendre l’affaire Tchernobyl lorsque les media ont été alertés et ont commencé à diffuser leurs images, il était évident que le peuple allait poser des questions et l’on s’est préparé à y répondre ; en France, on a trouvé ! Le nuage radioactif » s’arrêterait aux frontières. Bien sûr il n’en était rien, mais il a fallu du temps pour que le mensonge transpire et ce temps a été largement mis à profit par le président d’alors pour réussir à se faire côté de l’aspect politique, qui, il faut le dire, ne constitue qu’une partie lointaine de notre univers quotidien, et plus proche de nous, il y a l’attitude ambivalente de certains médecins, face à des malades à qui il faut dire des choses qui, on le sait d’avance, ne feront pas plaisir, mais dont on ne peut pas deviner comment ils les prendront. Si aujourd’hui on ne cache pas la vérité à un sidéen j’ose l’espérer, en tout cas, qu’en est-il de ceux qui ont le cancer ? Je me souviens de la mère de mon dernier ex-compagnon. A 86 ans, elle a dû partir en maison de retraite, en faisant une étape de quelques semaines par l’hôpital. Là, on nous a dit qu’elle présentait quelques petites pathologies, qui, prises une par une, n’étaient pas bien méchantes, mais qui, ensemble, constituaient un vrai péril. Et, couronne sur le gâteau, on nous a annoncé qu’elle développait un cancer du côlon à l’état avancé, mais qu’il valait mieux ne pas le lui dire, afin de ne pas la stresser. La pauvre femme est morte deux ans plus tard sans même savoir ce qu’elle ce qui est du cercle social dans lequel chacun évolue, les choses vont-elles mieux ? Vous avez tous, je suppose, été rendre visite à un couple qui vient d’avoir un bébé. Et il est très rare d’entendre une tête penchée sur un berceau dire que le bébé n’est pas beau ? En effet, il serait très difficile de dire à un couple comblé de bonheur que leur rejeton est rouge et moche, ou qu’il a un grand nez. Pourtant, il est très rare qu’un nouveau-né soit mignon. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai trouvé ma propre fille moche, mais, à dire la vérité, je ne peux pas dire qu’elle était mignonne non plus. De grands pieds, de grandes mains, les yeux fermés, ce vilain ombilic qui séchait sur son ventre… tout cela n’était certainement pas l’image que l’on se fait d’un une amie qui se plaint d’avoir de grosses fesses, on ne dira pas oui, c’est vrai, tu as le cul gros comme un département », même si c’est vrai. On se contentera de lui dire que ce n’est pas si terrible que ça et qu’avec un bon régime et un peu de sport, elle retrouvera une ligne plus conforme à ses l’on se tourne vers le monde du travail, sommes nous mieux lotis ? Vous savez ce qu’on dit, sur le chef », toujours en rigolant Article 1 le chef a toujours raisonArticle 2 Si le chef a tort, alors on applique l’Article 1. »Je pense que ceci se passe de commentaires !On pourrait trouver une foule d’exemples, dans tous les domaines, qui démontrent que même les gens qui ont les meilleures intentions du monde, à un moment ou à un autre, sont susceptibles de ne pas dire la vérité toute crue ».Que ce soit pour rassurer les gens, épargner un malade, ne pas gâcher le plaisir de parents ou consoler une amie, le fait est que la vérité n’est pas toujours bonne à dire, ou du moins, qu’elle n’est pas toujours assez agréable à entendre pour que nous voulions la cela ne signifie-t-il pas, dans un sens, que nous décidons pour l'autre? Nous décidons, quand nous ne disons pas la vérité, de ce que l'autre à le "droit" d'entendre ou pas. La question qu'il faut se poser est la suivante aimerions nous être, dans ce cas précis, à la place de l'autre?

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